« …de l’homme à qui appartient ceci je suis enceinte… »
Berechit (38,2).
La paracha de la semaine nous rapporte le triste épisode de la vente de Yossef par ses frères. Ces derniers étaient convaincus d’être dans le vrai. Ils avaient jugé Yossef, et l’avaient condamné.
Yehouda a une grande part de responsabilité dans cette vente. Reuven voulait venir sortir Yossef du puit dans lequel on l’avait jeté. Mais c’est Yehouda qui va proposer de vendre Yossef.
La Torah interrompt l’histoire de la vente de Yossef pour nous raconter celle de Tamar, là encore le « mauvais rôle » est joué par Yehouda.
Yehouda choisit Tamar pour la marier à son fils ‘Er. Ce dernier se comportait mal aux yeux de D.
D. le fait donc mourir.
Yehouda demande à son fils Onane de se marier avec Tamar (le lévirat = Yiboum = se marier avec la femme du frère décédé si ce dernier n’avait pas d’enfant). Onane se comporte mal aussi.
D. le fait aussi mourir.
Rashi explique que ces deux frères ne voulaient pas avoir d’enfant de Tamar. Ils détruisaient leur semence.
Yehouda demande à Tamar, après la mort de son 2è fils, de rentrer chez elle, et d’attendre que son 3è fils, Chela, grandisse.
En réalité, Yehouda, ne voulait pas donner Tamar à Chela. Il avait peur de perdre son 3è fils.
Voyant que Yehouda avait failli à sa promesse de lui donner Chela, Tamar, va mettre en place un stratagème pour « s’offrir à Yehouda ». Yehouda ira avec Tamar sans savoir que c’est elle.
Lorsque Yehouda apprend que Tamar est enceinte, il voudra qu’on la condamne à mort. Tamar ne va pas dire qu’elle est enceinte de Yehouda, elle dira juste : « …de l’homme à qui appartient ceci je suis enceinte… » Berechit (38,2).
La guemara Sota 10a demande pourquoi Tamar ne dit-elle pas clairement, pour s’en sortir, qu’elle est enceinte de Yehouda ?
La guemara répond : il est préférable de se faire jeter dans une fournaise plutôt que de faire honte à son prochain en public. D’où le sait-on ? de Tamar.
Elle a préféré ne pas faire honte à Yehouda, et prendre le risque de mourir (cela s’est bien terminé, Yehouda a reconnu les faits).
La guemara Baba Metsia 58a dit que lorsque que l’on fait honte à son prochain, il blanchit ou rougit ; Tout se passe comme si on a versé son sang !
C’est pourquoi, il est préférable de mourir plutôt que de verser son sang. Qui dit que mon sang est plus rouge que le sien ?
Toutefois, les commentateurs demandent : s’il est préférable de se laisser tuer plutôt que de faire honte à son prochain, pourquoi cela n’a pas été rapporté en même temps que les 3 fautes connues pour lesquelles on doit mourir plutôt que de les transgresser (meurtre, idolâtrie, relations sexuelles interdites) ?
Tossefot expliquent que puisque cette interdiction (honte en public) n’est pas écrite clairement dans la Torah, alors, on ne l’a pas associée aux 3 autres fautes.
Rabénou Yona nous dit qu’il n’y a pas besoin de préciser cette faute. Faire honte, c’est une sorte de meurtre (on fait bouger le sang du prochain), c’est donc déjà inclus dans les 3 fautes !
Toutefois, d’autres commentateurs nous disent qu’il est seulement préférable de mourir plutôt que de faire honte à son prochain. Ce n’est pas une obligation. Ce n’est donc pas associé aux 3 autres fautes.
Vendredi soir, nous commencerons à fêter ‘Hanouca.
[Petit mot sur ‘hanoucca idem à l’an passé]
Les Grecs, à l’époque de ‘hanoukka ont voulu petit à petit nous faire oublier la Torah.. D’ailleurs Yavan = Grèce s’écrit Youd, Vav Noun. (= un petit trait, puis un trait moyen et enfin un long trait).
Progressivement ils ont voulu enlever au peuple juif son caractère juif. Progressivement ils ont voulu mettre à mort la Torah. Les Grecs voulaient qu’on étudie la Torah comme une science à côté des autres sciences, mais il ne fallait surtout pas appliquer la Torah.
A ‘Hanoukka, nous prenons le chemin inverse. Progressivement, nous ajoutons des lumières. Petit à petit nous progressons.
‘Hanoukka nous montre donc le chemin pour s’améliorer. Il faut en faire chaque jour un peu plus ! Etudier et appliquer !
CHABBAT CHALOM
Stéphane Haim COHEN
D’après Guemara Sota 10b,
Editions Sotenschtein