« Souviens toi du jour du Chabbat pour le sanctifier.»
Chemot (20,8).
Cette semaine nous vivons le but de la sortie d’Egypte, le Don de la Torah. Mais ce n’est pas seulement le but de la sortie d’Egypte, c’est le but de l’humanité. D. a créé le monde pour la Torah. Par la Torah, nous connaissons Sa volonté, et nous nous rapprochons de Lui.
D., dans notre paracha, se révèle donc aux Bné Israel et donne Son message intemporel. C’est la Torah qui va constituer le réel ciment du peuple.
Lors de la révélation, les Bné Israel écoutent les 10 paroles (traduits incorrectement souvent par les 10 commandements).
La 4è de ces paroles est citée dans le verset en entête :
Il est écrit « souviens-toi du jour chabbat », mais les Bné Israel ont entendu simultanément « garde le jour du chabbat » (Devarim 5,12).
Ce sont les 2 dimensions du chabbat : s’en souvenir = l’embellir ;
le garder, le respecter = nepas faire les travaux interdits par la Torah.
Dans la guemara Chabbat 119b, on trouve :
Rav ‘Hisda dit au nom de Mar Ouqva : tout celui qui prie le soir de chabbat (vendredi soir) et dit « Vaye’houlou », alors les deux anges qui accompagnent l’homme posent leurs mains sur sa tête et disent : « Et ta faute partira, et ta faute sera expiée » (verset Isaï 6,7).
Vaye’houlou est le passage que l’on dit dans la amida du vendredi soir, que l’on redit tous en coeur avec l’officiant, après la amida, et que l’on dit dans le quidouch du vendredi soir.
C’est un témoignege. Nous sommes debouts et témoignons que « le sixième jour ; les Cieux et la terre furent achevés » Berechit (2,1).
Nous témoignons que D. a créé le monde, et que D. s’est arrêté de travailler, le septième jour.
Le fait de dire ce passage, et d’être cohérent (je dis le quidouch, et je respecte ce que la Torah me demande de faire pour chabbat) fait que je suis pardonné selon Rav ‘Hisda.
En effet, nous savons que celui qui peut témoigner, parce qu’il sait quelque chose (par rapport à son prochain) et qui refuse de le faire, alors celui-ci « porte sa faute » (Vayiqra 5,1). On comprend donc que celui qui témoigne, pour D., en disant que D. s’est arrêté de créer, alors ses fautes sont pardonnées.
En respectant chabbat, je témoigne que D. existe, qu’Il a créé le monde, et qu’Il s’est arrêté de travailler le 7è jour.
Le Maharcha explique que Adam a été pardonné de la faute originelle à l’entrée de Chabbat. En disant Vaye’houlou le chabbat soir, l’homme se fait l’associé de D. dans la Création du monde. L’homme, à l’instar de Adam, est donc pardonné à l’entrée de Chabbat.
Dans la même guemara, juste après, Rabbi Yossi bar Yehouda dit :
2 anges accompagnent l’homme le chabbat soir (vendredi), de la synagogue à la maison. L’un est bon et l’autre est mauvais. Quand l’homme arrive chez lui, et trouve les lumières (bougies) allumées, la table posée, et le lit bien fait, l’ange du bien dit « Que Chabbat prochain soit identique », alors malgré lui, l’ange du mal répond « amen ».
Et si ce n’est pas le cas (pas de lumière, table non posée …), l’ange du mal dit « Que Chabbat prochain soit identique », alors malgré lui, l’ange du bien répond « amen ».
Le Maharcha explique que pour toute mitswa qui se présente, 2 anges entourent l’homme. L’un, celui du bien défend l’homme devant le tribunal Céleste, l’autre celui du mal, l’accuse.
D’autres commentateurs expliquent que ce n’est pas possible qu’il existe du mal chez les anges célestes. Il faut donc comprendre que les deux anges font référence aux deux penchants de l’homme. Le yester hatov, qui fait pencher vers le bien et le yetser hara qui fait pencher vers le mal.
C’est pourquoi, lorsque la maison est prête, c’est que la mitswa de préparation a été réalisée, alors, c’est plus facile de refaire la même mitswa la semaine d’après.
C’est ce que disent nos maîtres : le salaire d’une mitswa (un commandement accompli) est une autre mitswa. En respectant les mitswot, je m’éduque, je me transforme pour accomplir d’autres mitswot.
Le contraire est vrai, en enfreignant les mitswot, j’intègre en moi le fait d’enfreindre… la semaine suivant c’est plus facile de ne pas respecter les commandements divins.
Et le raisonnement est vrai pour toutes les mitswot : le plus dur est de commencer… Une fois, par exemple, que l’homme commence à honorer et respecter le chabbat, il ne peut plus s’en passer… il est transformé … et il connaît le goût du vrai bonheur.
CHABBAT CHALOM
Stéphane Haim COHEN
D’après Guemara Chabbat 119b
Editions Sotenschtein