« Durant 6 jours le travail sera fait, et le 7è jour sera saint pour vous..»
(CHEMOT 35,2)
Cette semaine, nous lirons la paracha Vayakel. Avant de re-présenter la construction du sanctuaire (Michkan = Temple démontable du désert), la Torah nous souligne encore une fois l'importance du chabbat.
En effet, nous apprenons que le chabbat prime sur la construction du Michkan, le Temple démontable du désert.
Les 39 travaux interdits le chabbat (et leurs dérivés), sont ceux qui ont permis la construction du Michkan.
C’est la dimension « observation » du chabbat = ne pas faire les travaux interdits.
L’autre dimension, c’est se souvenir du chabbat = l’embellir.
Dans la guemara Chabbat 118a, Rabbi Yo’hanan dit : « tout celui qui embellit le chabbat, alors on lui donne une part sans limite ».
Embellir le chabbat, c’est acheter pour le chabbat des choses que l’on ne consommerait pas en semaine… c’est acheter de beaux habits pour le chabbat … C’est se faire plaisir en l’honneur du chabbat.
En agissant de la sorte, l’homme sort des limites naturelles. Il dépense plus que ce qui est raisonnable. Il présente à table des mets qui ne sont pas uniquement alimentaires… ce sont des mets pour se faire plaisir.
Alors, comme l’homme dépasse les limites du raisonnable, D. agit avec lui mesure pour mesure, Il lui donne une part / une récompense sans limite.
Si l’homme considère que son salaire est gagné uniquement par la sueur de son front, par ses efforts personnels… alors, le chabbat est doublement dérengeant :
- C’est un jour où l’on ne travaille pas.
- C’est un jour qui dévore les économies de façon irrationnelle : on dépense plus que ce qui est nécessaire pour vivre.
Cet homme est donc tenté de ne pas trop embellir le chabbat. Automatiquement, il se limite dans ses dépenses qui suivent la logique humaine… Mesure pour mesure, ses ressources seront limitées, selon la logique humaine : il ne gagnera sa vie qu’avec ses efforts.
En revanche, celui qui considère que c’est D. qui donne, alors le chabbat est vécu comme un plaisir. C’est la joie d’appliquer un commandement divin = embellir le chabbat. Il investit donc dans cette mitswa en dépassant le naturel. Le Roi, mesure pour mesure, lui donne une part sur-naturelle.
Le Maharal explique les paroles de Rabbi Yo’hanan sur un autre plan : celui qui embellit le chabbat, s’attache au monde futur. En effet, le chabbat est comparé à un extrait du monde futur.
Celui qui embellit le chabbat, montre son attachement au chabbat, son amour du chabbat… D. prolonge pour lui le chabbat, il lui fait vivre le monde futur = la suppression des souffrances de l’exil.
On comprend pourquoi à la fin du Seder de Pessa’h, on chante dans Dayenou « s’Il nous avait donné le chabbat et qu’Il ne nous avait pas amené devant le Mont Sinaï, cela nous aurait suffi ».
En vivant le chabbat dans toutes ses dimensions on se transforme, et l’on transforme son quotidien.
CHABBAT CHALOM
Stéphane Haim COHEN
www.limud.net
D’après Guemara Chabbat 118a Editions Sotenschtein