" Et si un individu faute et entend le son d’un serment, et il est témoin : ou il a vu ou il a su ; s’il ne raconte pas, il portera sa faute"
(VAYIQRA 5,1)
Nous commençons cette semaine, le troisième livre de la Torah, le livre de Vayiqra, appelé "Le Lévitique", car il a pour thème principal le service de D. (au Temple ou dans le Michkan ) qui était effectué par la tribu des Lévi. Cette tribu inclut les Léviim mais aussi les Cohanim.
La première paracha du Lévitique, Vayiqra, est quant à elle consacrée aux offrandes/sacrifices. En effet, il n’y a pas de mots en français pour traduire le concept de « korbane ».
La guemara Baba Qama 55b et 56a nous présente plusieurs cas où un homme est quitte de la justice des hommes mais redevable devant la justice de D.
En particulier, celui qui connaît des faits et refuse de témoigner, alors à cause de lui quelqu’un va peut être perdre de l’argent ou même plus… celui là est redevable devant D.
La guemara demande de quel cas parle-t-on ? Pouvons nous parler de 2 témoins qui refusent de témoigner ?
Non ce n’est pas de ce cas dont parle la guemara. En effet, la Torah nous a déjà dit que celui qui ne témoigne pas, alors « il portera sa faute » (verset en entête).
Et le cas de la Torah comprend 2 témoins. En effet, chaque fois qu’il y a marqué dans la Torah le mot « témoin » (comme dans le verset en entête), cela signifie qu’il y a 2 témoins.
La Torah présente donc la faute des deux témoins qui refuse de témoigner, ou du témoin, parmi les 2 qui se présentent qui refuse de témoigner.
A cause de cet individu, ou de ces deux individus, la justice ne sera pas rendue… En effet, seuls 2 témoins ont le pouvoir de faire payer un débiteur (par exemple). La Torah nous dit que celui qui ne témoigne pas, dans ce groupe de deux, alors il faute.
Si la guemara parle de ce sujet, en présentant comme un fait nouveau que celui qui ne témoigne pas est redevable devant D., alors elle parle forcément d’un cas différent de celui de la Torah.
La guemara nous dit donc que même une seule personne, si elle refuse de témoigner, alors elle est redevable devant D. Et, là plus besoin que cette personne fasse partie d’un couple de témoin !
Mais pourquoi cette personne est-elle coupable devant le tribunal Céleste ?
- Une personne, même si elle n’a pas le pouvoir de faire trancher un jugement, elle peut y contribuer. Ex. : si un débiteur refuse de payer et que le créancier produit un seul témoin, alors sur le témoignage de ce dernier, on pourra forcer le débiteur à jurer… Et çà on sait très bien que de nombreuses personnes refusent de jurer et préfèrent payer.
- Une seconde personne peut venir plus tard, et créer ainsi un témoignage ayant force de loi.
Nous comprenons donc que la personne, même isolée, qui refuse de témoigner crée un dommage. Elle est donc redevable devant D.
Dans moins de deux semaines, nous vivrons Pessa’h. Il faut s’y préparer.
Au début de la Hagada qu’on lira, il y a le célèbre passage des 4 enfants : le sage, le méchant (racha), le naïf, et celui qui ne sait pas poser de questions.
Le Racha, demande « Qu’est-ce que vous faites [en référence à l’agneau pascal] ? La Hagada continue en disant « puisqu’il s’exclut de la communauté, lime lui les dents, et dit lui que s’il avait été en Egypte il n’aurait pas été libéré ».
Que veut dire « lime lui les dents » ?
Pour répondre à cette question, il faut mieux cerner les motivations du Racha.
En fait, le Racha, pose la question suivante : « Pourquoi tant de pratiques ? Moi aussi je crois en D. mais croyez-vous vraiment, qu’il faille faire un agneau pascal ? » Plus généralement le Racha se révolte contre les actes, contre les mitswot… il croit en D., mais dit que D. n’a pas besoin de rituels !
Alors la Hagada dit, lime lui les dents !
En effet, dans le pain que l’on mange, au bout du compte, combien de substances sont réellement utilisées pour nos fonctions vitales… très peu. Cela pourrait tenir dans une petite cuillère, que l’on avalerait… sans mâcher, sans les dents !
Alors, au Racha on lui lime les dents et on lui dit, ne mange plus de pain, plus d’aliments, prend juste les protéines, les éléments vitaux, sous forme de poudre… sans les dents… va-t-il pouvoir survivre ? Non…
Pour les commandements divins, c’est la même chose. Il est évident que toutes les mitswot sont là pour nous rapprocher du Créateur, pour nous faire comprendre que D. existe, pour faire entrer D. dans notre quotidien.
Mais sans les mitswot, sans les actes concrets, même si l’on croit que l’on croit en D., c’est voué à l’échec…
On ne peut pas croire en D. et en tirer les conséquences, à savoir tenter de se rapprocher de Lui, sans les mitswot.
CHABBAT CHALOM
Stéphane Haim COHEN
www.limud.net
D’après Guemara Baba Qama 56a Editions Sotenschtein, et un cours auquel j’ai assisté.