"Chaque homme, sa mère et son père vous craindrez, et vous observerez mes chabbats, Je suis l’Eternel votre D." (VAYIQRA 19,3)
Cette semaine nous lisons 2 parachiot, A’haré Mot et Quedochim. La première paracha est essentiellement consacrée au service du Cohen Gadol le jour de Yom Kippour.
C’est d’ailleurs la paracha que l’on lit le matin de Yom Kippour.
La paracha Quedochim, dont est issu le verset en entête, présente beaucoup de lois sociales qui régissent les relations de l’homme envers son prochain.
Dans la guemara Quidouchin 31a, on nous explique ce qu’est la crainte du père :
-Ne pas se tenir debout, là où le père a l’habitude de se tenir debout pour discuter avec ses amis,
- ne pas s’asseoir à sa place,
- ne pas le contredire,
- ne pas trancher dans son sens. Ex : lors d’une conversation entre son père, et d’autres personnes, dire « je pense que mon père a raison », c’est une offense. C’est probablement se placer au dessus de son père. (il y a d’autres explications de ce 4è interdit).
Mais, cette liste est étonnante. Comment la Torah peut-elle demander de ne pas contredire son père ?
On voit bien dans la guemara de nombreux cas où le père et le fils, tous deux « rav », s’opposent sur des sujets de hala’ha ? Y-aurait-il des cas où il est permis de contredire son père ?!?
Voici quelques réponses :
1. Le Méiri, le Taz (Yoré Déa 240,3) expliquent qu’il est permis de contredire son père, quand on n’est pas devant lui. Il est permis d’exprimer un avis contraire, en son absence.
2. Le Rachach explique que ce qui est interdit est de contredire son père, et de lui prouver, en questionnant, qu’il a fait des erreurs de raisonnement. Mais, exposer ses pensées, et les prouver, même si cela induit une contradiction de la position de son père, c’est permis.
3. D’autres expliquent, qu’il est permis de s’opposer à son père sur des discussions de Torah, alors que pour tout autre sujet, c’est interdit.
4. Le Ramah (avec un hé) explique que ce qui est interdit, c’est de contredire son père devant d’autres personnes. Il faut donc attendre d’être seul avec son père, et lui dire avec respect : « j’ai appris ceci et ceci, et aujourd’hui, il me semble que tu as dit autre chose ».
Enfin, lorsque l’on étudie avec son père, il est bien évident, que l’on peut se contredire, pendant l’étude. C’est cette manière qui permet d’arriver à la vérité.
CHABBAT CHALOM
Stéphane Haim COHEN
D'après Guemara Quidouchine 31a, Editions Sotenschtein.