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לימוד תורה
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BAMIDBAR 5769

" D. parla à Moshé dans le désert du Sinaï…"
(Bamidbar 1,1).

Nous commençons cette semaine le 4è livre de la Torah, Bamidbar (=littéralement « dans le désert »).
La paracha est essentiellement consacrée au comptage des Bné Israel, puis aux missions attribuées à la tribu des Léviim.

La Torah commence ici par dire D. parle à Moshé dans le désert du Sinaï. La Torah qui est économe en mots, vient donc apparemment nous apporter une information géographique. Mais, n’y a-t-il pas un autre message plus profond que cet aspect qui peut sembler anecdotique ?

Le Midrach Raba nous explique que la Torah a été donnée dans 3 éléments : le feu, l’eau et le désert. Comme le dit le verset en entête, D. a parlé du désert du Sinaï.

Pourtant, dans la Torah, il y a de nombreux commandements qui ne sont pas applicables dans le désert. Tous les commandements liés à la terre, la nomination d’un roi, la construction du Temple… sont autant de mitswot qui ne sont applicables qu’après l’entrée en Israel.

Pourquoi D. n’-a-t-Il donc pas attendu que nous entrions en Israel pour nous donner la Torah ?
La Torah a été donnée dans le désert.
Dans le désert, vivre fait déjà partie de l’ordre du surnaturel. La chaleur, les serpents, les scorpions, le manque d’eau ou de nourriture, c’est le paroxysme de l’environnement hostile.
De là, le Rambam, Maimonide, enseigne que l’obligation d’étudier la Torah ne comporte pas d’exception.
Le riche, le pauvre, le bien portant, le malade, … tous doivent étudier la Torah. La Torah nous a été donnée dans des conditions difficiles, dans le désert… nous devons donc l’étudier dans n’importe quelles conditions.

A près d’une semaine de Chavouot, la fête du don de la Torah, à nous de savoir, qu’il n’y a pas de prétexte… nul n’est exempt … nous devons étudier le message de notre Roi.

Le Midrach Raba qui nous explique que la Torah a été donnée dans 3 éléments : le feu, l’eau et le désert, va plus loin. De la même façon que ces trois éléments sont gratuits, alors la Torah doit être gratuite.

La guemara Erouvin 53b, nous dit qu’il faut se transformer en désert si l’on veut acquérir la Torah. Si nous sommes comme le désert, qui est piétiné de tous, alors nous recevons la Torah en cadeau.

En clair, il faut être humble pour acquérir la Torah, et ne pas en profiter.

Pour mieux comprendre ceci, rappelons une histoire de la Guemara Nedarim 62a.

L’histoire se passe à la fin de l’été, à la période où l’écrasante majorité des gens a rangé les « couteaux » pour cueillir les figues. On est donc à la fin de la saison des figues, et nos sages disent que tout ce qui reste sur les figuiers à ce moment là est considéré comme abandonné par leur propriétaire.
Il est donc permis de cueillir des figues dans le champ de toute personne qui n’a pas montré une volonté contraire claire, à la fin de la saison.

Rabbi Tarfon, cueillait un jour des figues de la sorte, et soudain le propriétaire apparut, emballa Rabbi Tarfon dans un sac et l’emmena sur son dos pour le jeter au fleuve.
Alors qu’il était dans le sac, Rabbi Tarfon dit « Malheur à Tarfon, à cause de lui quelqu’un va devenir meurtrier ».
L’homme comprit qu’il avait Rabbi Tarfon sur le dos, posa le sac et le laissa s’en aller.

La guemara nous dit que toute sa vie, Rabbi eut des remords à cause de cet épisode, en effet, il avait profité de l’honneur de la Torah. C’est parce qu’il a dit qu’il s’appelait Tarfon (et qu’il était connu comme un grand de la Torah) qu’il a été sauvé.

La guemara, que le Ran explique s’étonne, pourquoi Rabbi Tarfon a-t-il des remords ? Y avait il une autre solution pour sauver sa peau que de profiter de l’honneur de la Torah ?

La guemara nous fait savoir, que le propriétaire du champs, avait été volé pendant près d’un an d’une bonne partie de sa récolte de raisin, et qu’il pensait que Rabbi Tarfon, qui prenait des figues (en toute légalité) était aussi le voleur de raisin. Que se reprochait donc Rabbi Tarfon ?

Il aurait dû, quand il se trouvait dans le sac proposer de rembourser au propriétaire le vol du raisin. Même si ce n’était pas lui le voleur.
Rabbi Tarfon était riche, il avait donc les moyens de se tirer de la sale situation, sans utiliser l’honneur de la Torah.
Rabbi Tarfon se reprochait d’avoir utilisé la Torah pour s’en sortir, il regrettait de ne pas avoir dépenser une somme importante pour éviter cela.

La Torah est gratuite… Rabbi Tarfon se reprochait d’en avoir tiré profit.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D'après Guemara Nedarim 62a, Editions Sotenschtein.
Et Otsar Hahagadot, Edition Mossad Harav Kook