" Et s’il passe sur lui un souffle de jalousie, et qu’il ait averti sa femme…"
(Bamidbar 5,14).
La paracha Nasso présente de nombreux sujets :
- Le compte des Léviim
- Le traitement des personnes impures (Zav ou tsaraat)
- Ce que l’on doit faire si quelqu’un a commis un détournement en profitant d’un objet consacré au service divin
- La femme sota qui est soupçonnée car elle s’est isolée avec un autre homme que son mari
- Le nazir, celui qui fait un certain vœu pour se rapprocher de son Créateur
- La bénédiction de Cohanim
- L’inauguration du Michkan (Temple du désert), et les princes des tribus qui apportent pendant 12 jours 12 offrandes identiques.
La guemara Sota traite le sujet de la femme soupçonnée d’adultère exposé, dans notre paracha.
Le principe est simple :
- Un homme suspecte sa femme d’adultère
- Il l’avertit officiellement de ne pas s’isoler avec M. X (déterminé)
- Elle s’isole avec M. X
- La femme doit aller au Temple, et passer la cérémonie peu reluisante, où on lui fait boire un liquide : si elle a fauté elle meurt (en général rapidement), sinon elle est bénie.
De nos jours, comme nous n’avons plus de Beth Hamiqdach, il ne faut surtout pas avertir sa femme de la sorte… sinon, elle devient interdite à son mari.
Dans la guemara Sota 3a, on trouve deux avis sur la procédure de Sota :
Rabbi Ychmael dit que c’est facultatif d’utiliser cette procédure (lorsque la femme est suspectée).
Rabbi Aquiva dit que c’est obligatoire (lorsque la femme est suspectée).
La guemara élargit la discussion sur d’autres sujets :
Rabbi Ychmael pense qu’il est facultatif pour un Cohen de s’impurifier, lorsqu’il y a un mort parmi ses proches.
Rabbi Aquiva pense que c’est obligatoire.
Rabbi Ychmael pense qu’il est facultatif pour un homme de faire travailler un esclave de canaan pour toujours.
Rabbi Aquiva pense que c’est obligatoire, et qu’il est interdit de le libérer.
La guemara demande, est-il possible que Rabbi Ychmael pense que tous les commandements positifs de la Torah soient facultatifs ?
Non, rabbi Ychmael pense que ces trois cas sont des exceptions, et il fonde sa position sur l’explication des versets propres à ces 3 cas.
Ainsi Rabbi Ychmael explique qu’il y a interdiction de haïr son prochain dans son coeur (Vayiqra 19,17). Donc a priori, on n’aurait pas le droit d’avertir sa femme de la sorte… cela crée de la haine.
Vient donc « l’autorisation », dans le verset en entête : « qu’il ait averti » = véquiné = facultatif.
Rabbi Aquiva interprète de son côté les versets d’une façon différente.
L’on comprend bien que sans la Loi Orale (sans le Talmud), on ne peut pas comprendre la Loi écrite.
En cette semaine précédant Chavouot, tentons de prendre de bonnes résolutions… décidons à faire fonctionner nos neurones pour la bonne cause : pour l’étude du message de D.
CHABBAT CHALOM
Stéphane Haim COHEN
D'après Guemara Sota 3a, Editions Sotenschtein.