" Le petit et le gros bétail seraient égorgés pour eux, cela leur suffirait-il ? Si tous les poissons de la terre étaient assemblés pour eux cela leur suffirait-il ? "
(Bamidbar 11,22).
Pendant plusieurs semaines, nous ne lirons pas la même paracha en Israel et dans le reste du monde (car Chavouot ne dure qu’un jour en Israel au lieu de 2 en dehors d’Israel). En Israel, il y a donc une paracha d’avance. Ou bien en ‘houl, il y a une paracha de retard…
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La paracha de la semaine commence par la présentation de la mitswa confiée à Aaron : l’allumage de la Menora, le chandelier à sept branches.
Puis, la paracha expose les lois de Pessa’h Cheni (le rattrapage de pessa’h), certains déplacements des Bné Israel dans le désert orchestrés par les colonnes de nuées le jour, et de feu la nuit.
Ensuite, nous assistons à une révolte d’une partie du peuple, qui demande de la viande à manger.
D. envoie des cailles et certains parmi le Bné Israel vont se gaver de cailles….
Enfin, la fin de la paracha présente l’épisode où Myriam a dit du Lachone Hara devant Aaron au sujet de leur frère Moshé.
Lorsque le peuple se révolte pour de la nourriture Moshé dit :
" Le petit et le gros bétail seraient égorgés pour eux, cela leur suffirait-il ? Si tous les poissons de la terre étaient assemblés pour eux cela leur suffirait-il ? "
La guemara ‘Houlin 27b, nous fait sortir la substantifique moelle de ce verset. C’est le cas de la dire… on parle de nourriture.
La guemara demande :
D’où sait-on que l’on ne fait pas la che’hita aux poissons ? (Che’hita = égorger, comme on le fait pour les animaux purs).
La guemara répond en utilisant le verset ci-dessus. A propos des poissons, la Torah utilise le verbe « assembler/ramasser ». L’on comprend donc qu’il suffit de les ramasser pour les manger… pas besoin de les égorger…
Les manger de la sorte ce n’est pas péché, c’est uniquement pêcher (un peu facile, je le reconnais).
La guemara n’est pourtant pas satisfaite de cette preuve :
On voit bien que pour les cailles, la Torah utilise aussi le verbe « amasser ». Or l’on sait très bien que pour les oiseaux et les animaux permis, il faut faire la che’hita ? En effet, toujours dans notre paracha on a : «Ils ramassèrent les cailles » (Bamidbar 11,32).
La guemara répond : dans le verset qui parlent des cailles on ne parle pas d’autres espèces dans le même verset qui seraient associées à la che’hita.
En revanche, dans notre verset (en entête), on parle d’autres espèces. On associe la che’hita (=égorgés du verset en entête) au menu et au gros bétail). Puis on parle des poissons pour lesquels on dit ramasser. L’on comprend donc que pour les poissons il n’y a pas besoin de che’hita.
Une fois de plus l’on comprend que sans la Loi Orale, le Talmud, on passe a côté du message de la Torah écrite…
CHABBAT CHALOM
Stéphane Haim COHEN
D'après Guemara ‘Houlin 27b, Editions Sotenschtein.