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לימוד תורה
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PIN’HAS 5769

« Et le premier mois, le 14è jour du mois, c’est Pessa’h pour D. » (BAMIDBAR 28,16).

Au début de la paracha, la Torah nous décrit Pin’has, l’homme zélé, qui a tué d’une même lance Zimri, prince de la tribu de Chim’on et Kozbi fille de Tsour (Prince de Midiane). Tsour était le roi le plus important de Midiane (Rachi) et n’a pas hésité à prostituer sa fille, et à l’envoyer séduire les Bné Israel. Les Bné Israel ont ainsi fauté, et une terrible épidémie a frappé le peuple. L’épidémie s’est arrêtée lorsque Pin’has a tué Zimri et Kozbi, « Parce qu’il [Pin’has] a vengé son D. ».
La paracha nous rapporte ensuite un nouveau compte des Bné Israel.
La fin de cette section hebdomadaire est consacrée aux fêtes de notre calendrier, et en particulier aux offrandes/sacrifices qu’on apportait au Temple (verset en entête).

De nos jours, fête ou pas fête, nous n’apportons plus de sacrifices au Temple. Néanmoins, cela ne nous empêche pas pour autant de consommer plus de viande pendant ces fêtes.

Nos sages de la guemara, qui ont pensé à tout, ont ainsi mis en place un système de protection du consommateur, et en particulier du consommateur pauvre, à l’approche des fêtes.

Ainsi, à la page 83a de la guemara ‘Houlin, une michna nous dit :
« A ces quatre moments [veille de Chemini Atseret, veille de Pessa’h, veille de Chavouot, veille de Roch Hachana], on oblige le boucher à abattre une bête contre son gré. Même si un taureau vaut 1000 dinars, et que l’acheteur ne veut acheter que pour un dinar [de viande], on oblige le boucher à faire la che’hita du taureau ».
Et la michna continue, « C’est pourquoi, si le taureau meurt [après que l’acheteur ait payé, mais avant l’abattage], c’est l’acheteur qui a perdu son argent ».

Nos sages ont donc mis en place un système qui permet même aux plus pauvres d’acheter de la viande aux moments des fêtes.

Mais nos sages se sont aussi intéressés à des problèmes juridiques de fond :

Comment se fait-il que la perte, si la bête meurt, doit être assumée par l’acheteur ? (fin de la michna).

Lorsque j’ai acquis un bien, j’en deviens responsable. Mais là, il n’y a eu aucune acquisition !

On acquiert un animal en le tirant ! Payer un bien meuble n’est pas une façon de l’acquérir. Par conséquent en ayant donné un dinar l’acheteur ne devrait pas avoir acquis une partie de la bête, il ne doit pas être responsable de la perte en théorie.

La guemara fournit plusieurs explications possibles. En voici une.

La thèse présentée par la michna est celle rapportée par Rabbi Yo’hanan (le amora). A priori, la Thora a prévu à l’origine que l’on peut acquérir un bien meuble avec de l’argent.
Selon la Thora, il suffit de donner l’argent, pour que je sois propriétaire du morceau de viande qui se trouve chez le boucher. Et ce, même si je n’ai pas encore tiré/levé mon achat.

Mais les Sages ont institué que l’acte d’acquisition ne peut se faire qu’en tirant l’objet, pour protéger les acheteurs. Donner l’argent ne suffit pas pour devenir propriétaire (donc responsable) d’un bien meuble.

En effet, imaginons un client qui achète un quintal de blé en donnant l’argent correspondant. Mais, ce client n’emporte pas la marchandise immédiatement. Il la laisse dans le dépôt du vendeur pour une semaine. Que se passe-t-il si la marchandise prend feu ?
Si en donnant l’argent on devient propriétaire, alors, le vendeur n’est plus responsable du blé. Et il sera tenté de dire à l’acheteur … ton blé a brûlé … tu as perdu TON blé (dans les deux sens du terme !).
En revanche, grâce à la Taqana de nos sages, le blé n’a pas changé de propriétaire tant qu’il n’a pas été bougé par l’acheteur. Dans un tel cas, si le vendeur voit le blé qui brûle … il va tout mettre en oeuvre pour le sauver.

Dans notre cas (acheter pour un dinar de viande), les Sages ont suspendu leur taqana, et sont revenus à la loi telle que la Torah l’a prévue.

Pour donner la possibilité d’obliger le boucher à abattre une bête pour un seul dinar… on revient à la loi de la Torah. Il suffit de donner une pièce pour que l’acte d’acquisition soit réalisé.

La contrepartie est que l’acheteur devient responsable de cette partie de la bête.

Voici, une toute petite facette de la grandeur de nos sages et de la Thora. Nos sages ont su utiliser les prérogatives qui leur ont été données par la Thora pour penser une société qui fonctionne parfaitement, même sur le plan économique.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D'après Guemara ‘Houlin 83a
Editions Sotenchtein