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לימוד תורה
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KI TETSE 5769

"Au non-juif tu pourras offrir l’intérêt [les agios d’un prêt], mais à ton frère tu n’offriras d’intérêt"
(DEVARIM 23,21)
La paracha de la semaine présente de nombreuses lois sociales, des lois qui régissent le comportement de l’homme avec son prochain. Elles sont vraiment d’actualité, car l’on se rapproche des jours redoutables, et si l’on n’est pas blanc (de faute) avec son prochain, comment peut-on aller demander pardon à D ?

Le verset en entête fait allusion à l’interdit de prêt à intérêt.

Dans Michlé 28,8 (=Les proverbes du Roi Salomon) on a : « Accroître sa richesse par le prêt à intérêt, c’est amasser pour l’ami des pauvres ».

La guemara dans Baba Metsia 70b, explique le verset de Michlé :
Celui qui gagne de l’argent par le prêt à intérêt, au bout du compte, verra cet argent sera confisqué par un roi, comme Chvor Malka (un roi Perse), qui le distribuera aux pauvres.
En clair, le fauteur ne profitera pas de sa faute : l’argent mal acquis (par le prêt à intérêt), il ne le conservera pas.

Rav Na’hman dit au nom de Rav Houna que ce verset de Michlé est relatif aux intérêts perçus sur un non juif. Rav Na’hman nous explique donc que l’on n’a pas le droit de prêter à intérêt à un non juif !

Pourtant la guemara objecte avec le verset en entête :
"Au non-juif tu pourras offrir l’intérêt [les agios d’un prêt], mais à ton frère tu n’offriras d’intérêt" (DEVARIM 23,21) !

La réponse de la guemara est claire : ce qui est permis de faire avec un non-juif c’est de lui verser des intérêts, si on lui a emprunté, mais de lui prendre des intérêts n’est pas recommandé par la Torah. Et, nos maîtres, selon Rav Na’hman ont ajouté un commandement : il est interdit de prêter à intérêt au non-juif.

Pourtant, nous avons une Michna, toujours dans Baba Metsia 70b, qui nous dit que l’on peut prêter à intérêt à un non juif ! La guemara répond que c’est à dose homéopathique, uniquement pour être en mesure de subsister. Mais il est hors de question prêter à intérêt pour s’enrichir.

Les Tossefot expliquent (même page) que prêter à un non juif est permis (au moins à leur époque = moyen âge). En effet « il y a un roi et ses impôts, et le prêt à intérêt est notre seul moyen de subsistance. Nous résidons parmi les nations et nous n’avons pas le droit d’avoir un autre métier ».

Aujourd’hui la hala’ha est probablement différente, et il faut consulter un Rav pour savoir si l’on peut prêter à intérêt à un non-juif.

Si l’on s’intéresse à la raison principale de l’interdiction de prêt à intérêt, selon le kli Yaqar (sur Vayiqra 25,37), l’on comprend bien que l’interdit de prélever un intérêt est relatif à tout emprunteur (juif et non-juif).
En effet, lorsque l’on fait des affaires en général, on ressent bien que la réussite ne dépend pas que de nos efforts. C’est D. qui nous fait réussir, il faut donc prier et rester humble. En revanche, celui qui prête à intérêt ne lève pas les yeux au Ciel. Il sait que s’il prête 1000, dans un an il aura 1200… tout est prévu… il n’y a pas de risque, il suffit d’attendre pour compter son argent !
Le prêt à intérêt nous détourne du Roi, il fait croire que l’on peut vivre et gagner sa vie sans Lui.

A quelques semaines de Roch Hachana, moment où, entre autres, D. fixe nos revenus pour l’année à nous de comprendre que nous sommes dépendants de Lui. Même le fonctionnaire, ou le retraité qui sait quelles seront ses rentrées financières voit son revenu fixé à Roch Hachana : même s’il sait combien il gagnera, il ne sait pas quelles seront ses dépenses imprévues (PV, réparations, … !!!).

A nous donc de comprendre, que nous n’avons rien à gagner à nous croire indépendant ! Nous sommes dépendants du Roi ! Prions et agissons pour qu’Il nous donne les moyens physiques, intellectuels et financiers qui nous permettront d’appliquer Ses commandements et de les comprendre !

CHABBAT CHALOM
Ketiva Va’hatima Tovaa

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D'après Baba Metsia 70b
Editions Sotenchtein