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לימוד תורה
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KI TAVO 5769

"Sois béni dans la ville, sois béni dans le champ."
(DEVARIM 28,3)
Cette semaine, nous lisons la Paracha Ki Tavo. Cette longue paracha a une caractéristique tristement connue, elle comporte des bénédictions, mais aussi et surtout 98 malédictions terribles. Il faut vraiment les lire et les comprendre. Cela remet les idées en place avant le jugement à Roch Hachana.

Néanmoins, la paracha nous dit que si nous écoutons la voix de D., alors nous serons comblés de bénédictions (Devarim 28,1). Parmi ces bénédictions, on trouve celle du verset en entête.

Dans la guemara Baba Metsia 107a on trouve un conseil de Rav Yehouda, prodigué à Ravine fils de Rav Na’hman :
N’achète pas un terrain proche de la ville.

En effet, lorsque le terrain est proche, les gens le regardent, et il y a un interdit de regarder le champ de son prochain lorsque la récolte est sur pied.

La guemara fait allusion au mauvais oeil : c’est pas bon de regarder la richesse de son prochain. Cela peut lui causer un dommage.

Le Rambam n’a pas reporté cette loi dans le Michné Torah. A priori, il ne considère pas le ayin hara (mauvais oeil). En revanche, Rabbi Yossef Qaro écrit cette loi dans le Choul’han Arou’h.

Cette loi est donc le fondement du conseil donné à Ravine : ne pas acheter un terrain près de la ville.
Toutefois, en lisant le verset en entête, un problème se pose.
Rav explique que :
- Sois béni dans la ville = que ta maison sois proche de la synagogue.
- Sois béni dans le champ = que tes biens soient proches de la ville.

Alors d’un côté, c’est une bénédiction d’avoir ses terrains agricoles proches de la ville, car on gagne du temps, de la fatigue, de l’argent (frais de transport).
Mais de l’autre on me dit que c’est risqué à cause du ayin hara ?

La guemara résout la contradiction dans les paroles de Rav :
Si le terrain est clôturé, alors c’est une bénédiction lorsqu’il se trouve à proximité.
Si le terrain n’est pas clôturé (donc visible), la proximité de la ville n’est pas une bénédiction.

Rabbi Yo’hanan interprète le verset en entête différemment. Pour lui il n’y a donc pas de contradiction avec la loi sur le ain hara.
Selon Rabbi Yo’hanan, on a :
- Sois béni dans la ville = que ta table sois proche des toilettes. En effet, à l’époque les toilettes étaient éloignées. Et Rabbi Yo’hanan veut nous apprendre, qu’il est nuisible à la santé de retenir ses besoins. En particulier, il est interdit de manger quand on a besoin de se rendre aux toilettes (avant le repas). Et après le repas, la nourriture ingérée peut générer la nécessité de se rendre aux toilettes. Or si le lieu est éloigné, le trajet prend du temps : la personne retient ses besoins et c’est donc dangereux pour la santé… D’où la bénédiction « sois béni dans la ville ».

- Sois béni dans le champ = que tes biens soient diversifiés : 1/3 en céréales, 1/3 en olive, 1/3 en vigne. Ainsi, le propriétaire est assuré contre les aléas agricoles.

A 2 semaines de Roch Hachana, faisons les efforts nécessaires envers son prochain, envers soi-même et envers le Créateur pour ne mériter que des bénédictions.

CHABBAT CHALOM
Ketiva va’Hatima Tova

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D'après Baba Metsia 107a
Editions Sotenchtein