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ROCH HACHANA 5770

« Rabbi Crospeday dit au nom de Rabbi Yo’hanan : 3 livres sont ouverts à Roch Hachana. Le livre des mécréants, le livre des justes, le livre des gens tangents. Les justes sont immédiatement inscrits dans le livre de la vie, les mécréants sont immédiatement inscrits dans le livre de la mort, les tangents sont suspendus jusqu’à YOM KIPOUR. S’ils ont mérité, ils sont inscrits dans le livre de la vie, sinon ils sont inscrits dans le livre de la mort. »
Guemara Roch Hachana 16b.

Nous y sommes presque, plus quelques jours et nous serons jugés par le Roi des Rois, santé, ressources financières, capacités intellectuelles…. Le monde entier est jugé à Roch Hachana.

Le passage en entête est extrait de la guemara Roch Hachana. Il est là pour nous faire comprendre que nous allons être jugés. Bien évidemment, le Roi n’a pas besoin de livres pour nous juger. Rabbi Crospeday nous donne une image pour que l’on comprenne l’enjeu de Roch Hachana : le jugement de D. qui sait tout, à qui on ne peut pas mentir.

Les paroles de Rabbi Crospeday sont difficiles à comprendre. En effet, on voit bien qu’il existe des mécréants qui restent en vie, et des justes qui meurent. Et même si la vie représente des choses positives (bonne santé, satisfactions, parnassa…) et la mort représente des choses négatives (maladies, angoisses…) les paroles de Rabbi Crospeday sont toujours difficiles à comprendre. On voit bien qu’il y a des justes qui souffrent et des mécréants heureux.

Plusieurs commentateurs ont donc tenté d’expliquer les paroles de Rabbi Crospeday.

1. TOSSEFOT
La vie et la mort citées par Rabbi Crospeday représentent la vie et la mort dans le monde futur.
Et même si ce jugement n’est scellé que le jour de la mort, chaque année, il y a un bilan intermédiaire. Si quelqu’un mérite la vie dans le monde futur, mais qu’il a malgré tout un peu fauté ici, D. pourra décider à Roch Hachana de lui envoyer des épreuves pendant l’année à venir, pour le purifier.

2.RAMBAN
Le titre de juste accordé à Roch Hachana, et le résultat du jugement. On ne considère pas le nombre de mitswot réalisées, mais le résultat final. Si on a le titre de juste, on vit.
Il se peut ainsi qu’un mécréant a accompli une seule mitswa, mais que D. veuille lui payer ici son salaire, Il lui donne donc le titre de juste, et il vit.

3. RAAVAD
Chaque homme, au jour de sa naissance, dispose d’un stock d’années maximum à vivre. Pour l’un ce sera 120 ans, pour un autre 30 ans… Chaque année à Roch Hachana, l’homme est jugé selon ses actes. Si l’homme est juste, on lui donne la vie = on lui laisse inchangé son nombre d’années à vivre. Si l’homme est un mécréant, on lui donne la mort = on lui retire des années à vivre. Mais, cela ne signifie pas forcément qu’il mourra dans l’année.

4. LE ‘HINOU’H
Un juste, est quelqu’un qui a 0 fautes, un mécréant est quelqu’un qui a 0 mitswot. Le reste du monde est dit tangent.
Donc si un mécréant vit, c’est qu’en fait il faisait partie du groupe des tangents, et il s’en est sorti. Mais les paroles de Rabbi Crospeday sont à prendre à la lettre : un juste qui n’a pas gouté à la faute vivra à coup sûr !

Quelle que soit l’explication retenue, nous devons tenter de revenir vers notre Roi. C’est le moment ! A nous de faire ce qu’Il attend de nous pour être des gens biens vis-à-vis de notre prochain, et vis-à-vis du Créateur.

Mais la méthode pour devenir quelqu’un de bien ne s’invente pas. Il faut savoir être modeste, et comprendre qu’être bien n’est pas inné. Avec ma tête uniquement je ne peux pas décider ce qui est bien et ce qui ne l’est pas.
Certains pourraient croire que la morale est innée. Je sais seul ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Mais ce n’est pas le cas. A titre d’exemple, tuer n’est pas moral, on le sait. Mais dans le monde occidental, avorter est souvent moral.

Je dois donc étudier Le Livre de la Vérité, La Torah, et me casser la tête pour La comprendre.
C’est ainsi que jour après jour je me construis pour tenter d’être parfait avec mon prochain, et parfait avec mon Créateur.

CHABBAT CHALOM
CHANA TOVA
Ketiva va’Hatima Tova

Stéphane Haim COHEN

www.limud.net

D'après Roch Hachana 16b
Editions Sotenchtein

J’envoie aussi quelques commentaires, déjà envoyés les années précédentes à Roch Hachana. Nous aurons 4 repas de fêtes, cela pourra peut être servir.

Nous y sommes presque, plus quelques jours et nous serons jugés par le Roi des Rois, santé, ressources financières…. Le monde entier est jugé à Roch Hachana.

Nous sonnerons aussi le chofar. Mais comme le premier jour de Roch Hachana tombe Chabbat, nous ne sonnerons le chofar que le second jour, à savoir dimanche.

En théorie, « sonner du chofar » n’est pas interdit le jour du chabbat. En effet, ce n’est pas considéré comme un travail au sens des 39 travaux de la Torah interdits le chabbat.
Sonner du chofar n’est qu’une « ho’hma ». Toutefois, nos maîtres ont interdit de sonner du chofar, lorsque le jour de Roch Hachana tombe un chabbat. Pourquoi, de peur qu’un homme qui n’aurait pas de chofar disponible à la synagogue, viennent à porter le chofar, de chez lui à la synagogue.
Ainsi, pour éviter un risque de profaner le chabbat, à savoir porter, même de la maison à la syna, on a annulé le premier jour de Roch Hachana la mitswa de sonner du chofar.

Nos Maîtres savaient très bien qu’aux yeux des hommes « porter chabbat », ce n’est pas grand-chose, c’est pourquoi, à chaque occasion possible ils insistent et renforce le commandement :LE CHABBAT ON NE PORTE PAS.

Le Arou’h Laner a fait un commentaire particulièrement intéressant sur les années où le premier jour de Roch Hachana tombe un chabbat.

Dans son livre « Min’hat Ani », il explique que ces années là sont des années où les Bné Israel ont connu les plus grands bonheurs. Ce sont par exemple des années où les grands de ce monde ont reconnu la mission divine de notre peuple.

Inversement, les années où le premier jour de Roch Hachana tombe un chabbat sont aussi les années où l’on a connu les plus grands malheurs. Les deux Temples ont été détruits durant de telles années. Des pogroms terribles ont aussi eu lieu.

Alors comment est-ce possible ? Comment ces années peuvent engendrer le meilleur et le pire ?

La réponse est simple… quand le premier jour de Roch Hachana tombe un chabbat, Chabbat est notre porte parole, notre avocat. Parfois, cela marche et l’année est exceptionnelle, et parfois, cela rate, et c’est le contraire.

Pour mieux comprendre ce qui se passe voici une histoire.

Un roi condamna à mort un de ses ministres pour une faute lourde. Le ministre fit donc tout ce qu’il pouvait pour faire annuler la peine… il fit jouer toutes ses relations, et il en avaient beaucoup en tant que ministre.
Tous les conseillers du roi, tous les ministres essayèrent … mais sans succès. Quelques jours avant l’exécution de la sentence la femme du ministre condamné se décida à aller voir le roi. Elle le connaissait bien, c’était la couturière du palais. C’était elle qui confectionnait les habits du Roi.
La couturière supplia donc le roi d’épargner son mari, « en plus dit-elle, si tu le tues comment aurai-je le cœur de travailler pour le roi ? »… et miracle, le Roi amnistie le ministre.

Le Arou’h Laner continue, en présentant une histoire quasiment similaire. Le même cas se produisit avec un autre ministre, dont la femme avait aussi un rôle important auprès du Roi… seulement cette fois ci cela ne fonctionna pas.

Personne, à la cour ne comprit ce qui s’était passé. Pourtant le Arou’h Laner explique l’attitude du roi. Tout était presque identique à une chose près : la femme qui venait supplier la grâce de son mari avait le visage marqué des coups que son mari, le ministre mécréant lui avait donné.

Le roi lui dit donc : « bien sûr que je veux que tu continues de travailler à la cour… c’est pour cela que je vais faire exécuter ton mari, et tu retrouveras la santé et ton visage ne sera plus tuméfié !

Pour revenir à la question initiale, cette année Chabbat est notre avocat auprès du Roi. Si les Bné Israel garde le chabbat comme il faut, comme nos ancêtres l’ont toujours fait, de génération en génération, alors le chabbat est un formidable avocat.

En revanche, si le chabbat est profané, et qu’il vient nous défendre, D. répond au chabbat : « C’est parce que Je veux que tu sois respecté que J’envoie des épreuves sur les Bné Israel, c’est la seule voie pour les amener à revenir au respect du chabbat ».

Profaner le chabbat est un phénomène récent… comme les mariages mixtes.

Mais si l’on revient à nos sources, celles de nos grands-parents et nos arrière grands parents, si l’on veut bien être le maillon qui continue la chaîne, alors on entendra le chofar à Roch Hachana, mais aussi pour la venue du Machia’h. Très bientôt et de notre vivant.

Ketiva Va’hatima Tova

Chabbat Chalom.

D’après Touve’ha Yabiou, Vol.1, Paracha Ki Tissa.

Comment préparer et vivre l'événement ?
Vendredi soir nous commencerons, avec l'aide de D. l'année 5770. Nous fêterons Roch Hachana, le début de l'année juive.
Mais, ce n'est pas une fête comme les autres. A Roch Hachana, D. juge le monde entier. Le peuple juif n'échappe pas à la règle, et est aussi jugé.

Imaginons qu’un homme est convoqué au tribunal, devant un juge de chair et de sang, et qu’il ne se rende pas à sa convocation. Que se passera-t-il ?
La condamnation par défaut est inévitable.

Pour Roch Hachana, c’est en partie la même chose. Notre Créateur nous juge, mais nous ouvre les portes du repentir. Il nous dit « revenez, revenez ». Il veut nous accueillir. Mais, si nous oublions la convocation, que se passera-t-il ?

Et la convocation, ce n’est pas seulement aller prier, c’est aussi et surtout dresser un bilan personnel, et chercher les points à améliorer envers son prochain et envers son Créateur.

Il nous ouvre les portes IL FAUT EN PROFITER.

Car, dès que l'on tente d'imaginer la profondeur et la perfection du jugement divin, l'on tremble de peur.

Que faut-il donc faire pour influencer et faire pencher le jugement du bon côté ?
Le message de Roch Hachana (et plus généralement des 10 jours de pénitence, i.e. jusqu'à Kipour) est de proclamer la Royauté Divine. "D. est Roi, D. a régné, D. règnera pour l'éternité".
Ainsi, nous devons considérer D. comme notre Roi, et nous devons accepter Sa volonté.
Et, quand, nous Le considérons comme notre Roi, Il agit avec nous comme un Roi, et non plus comme un juge… Il a la faculté de nous gracier, même si notre dossier est chargé.
Mais que veut dire accepter la Royauté Divine ?
C'est accepter que le monde est dirigé par D., et qu'à la fin des temps toutes les créatures sauront que "D. règnera pour l'éternité".
C'est accepter que même si nous connaissons des moments difficiles rien n'échappe au divin. Le monde n'a pas été laissé en pâture aux hommes.
C'est une des significations du Chofar.
Roch Hachana est qualifié de YOM TEROUA, dans la Torah. C'est le jour où l'on sonne la Teroua, un son saccadé calqué sur des pleurs (Le teroua de la Torah est traduit dans les faits par le son Chevarim ou le son Teroua).
Mais chaque Teroua est encadrée par une TEKIA, un son long, symbolisant la joie.
Chaque séquence de sonnerie est ainsi construite sur le modèle TEKIA - TEROUA (=Chevarim et/ou Teroua) - TEKIA
La première TEKIA, c'est notre glorieux passé, avec Avraham qui s'est soumis au Roi des rois en acceptant de Lui offrir son fils Isaac. D. est intervenu pour qu'un bélier soit sacrifié à la place d'Isaac (cela s'est passé le jour de Roch Hachana).
Puis, ce sont les pleurs de la TEROUA. C'est le présent, qui n'est pas toujours facile, mais où malgré tout, l'on crie que le monde est dirigé par D.
Enfin, c'est la TEKIA finale, le son de joie qui annoncera la venue du Machia'h, et le dévoilement de la Royauté Divine à tout jamais.
Pendant les sonneries du Chofar, nous devons donc bien avoir à l'esprit que D. règne, a régné, et règnera pour l'éternité.
Dans les faits comment proclamer que D. est notre Roi ?
Il suffit, au moins pendant les deux jours de Roch Hachana, (et essayer de tenir toute l'année) d'avoir un comportement exemplaire vis-à-vis des hommes et vis à vis de D.
Il faut bannir la colère et la médisance, il faut mettre en application le verset "Tu aimeras ton prochain comme toi-même."
En ce qui concerne, notre créateur, l'essentiel du travail réside dans la prière, et dans la concentration qu'on y met. De plus, ce n'est pas parce que l'on ne sait pas lire en hébreu, que l'on est dispensé de s'adresser à notre D. Et, cela concerne aussi bien les hommes que les femmes. Car si on ne demande rien, comment pourra-t-on recevoir ?
A Roch Hachana, l'on pourrait être tenté de se dire "Ne triche pas, pourquoi être différent de toute l'année, pourquoi faire l'élève modèle ?". Et bien non, c'est en étant différent de toute l'année que nous montrons que nous acceptons notre Roi.

NOUS DEVONS ETRE EXEMPLAIRES SUR TOUS LES PLANS !
Enfin quelques derniers conseils que nos maîtres nous rapportent :
• Celui qui arrive à dominer ses mauvais traits de caractères, ses mauvaises habitudes,... (colère, orgueil, ...........) alors D. lui efface un éventuel mauvais jugement.
• Celui qui juge son prochain avec des a priori positifs, du bon coté, alors D. le juge du bon coté.
• Tout celui qui a pitié de son prochain, alors D. a pitié de lui.
• La Tsedaqa nous sauve des mauvais décrets. Ainsi, en Israel la situation économique est dramatique pour une trop grande partie de la population.
En particulier, on a la possibilité de faire 2 mitswot à la fois, aider les pauvres et ceux qui consacrent leur vie à la Torah. Si vous ne savez pas où envoyer vos dons pour ces actions, je me ferai un plaisir de vous donner des coordonnées par mail.

Que D. nous aide, nous sauve et nous protège nous, nos proches et tout notre peuple. Que l'année 5770 n’apporte que des joies et des bonheurs ! Et que cette année nous vivions ensemble, grâce aux efforts de tous, la venue du Machia'h. Amen

Ces textes sont fondés en partie sur le LEKA'H TOV, Yamim Noraim, et sur des cours auxquels j'ai assisté.