« Le Rocher [le Créateur] parfaite est Son œuvre, car toutes Ses voies sont jugement, un D. fidèle et sans iniquité, Il est juste et droit.»
(DEVARIM 32,4)
Comme d’habitude, tout ce que j’écris, c’est pour moi, ce n’est pas une leçon que je donne au lecteur. J’écris pour mes proches et pour moi.
La paracha Aazinou, que nous lirons Chabbat est un chant dans lequel Moshé prend le ciel et la terre à témoin. On y lira le verset en entête, qu’on ne peut pas ne pas mettre en parallèle avec Yom Kippour.
« Toutes Ses voies sont jugement … Il est juste et droit ». Et c’est devant Lui que l’on se présente à Yom Kippour. C’est Lui qui nous juge. Il connaît toutes nos pensées. Il sait tout ce qu’il y a derrière nos apparences.
Il sait si nous sommes sincères en demandant pardon. Il sait si nous voulons vraiment amender nos comportements. Il sait si l’on veut vraiment progresser.
Dans la guemara Baba Qama 50a on trouve :
Rabbi ‘Hanina dit : tout celui qui dit que D. est large (=pardonne facilement, sans que l’on se repentisse), alors sa vie sera en trop, comme il est dit « Le Rocher [le Créateur] parfaite est Son œuvre, car toutes Ses voies sont jugement, un D. fidèle et sans iniquité, Il est juste et droit.»
(DEVARIM 32,4)
En clair, cette personne pousse les autres à fauter en disant que D. est grand et qu’Il pardonne… cette personne abrège la vie des autres. Mais D. est juste… cette personne est donc en trop ici bas.
Le Magen Avraham explique que l’erreur est de croire que D. ne punit pas.
D. est juste, donc il punit si nécessaire. En revanche au niveau des récompenses, le Magen Avraham nous dit que D. donne plus que ce que l’on mérite.
Le fait seulement d’écrire que D. est juste nous fait frémir… qu’allons nous devenir ?
La seule chose qui peut nous rassurer c’est que D. accepte le repentir sincère, Il accepte la Techouva… mais pour cela je dois me bouger, je dois faire des efforts.
Voici quelques idées reprises du Rav Wolbe zal, dans son chapitre sur la Techouva dans ‘Alei Chur.
La Techouva = repentir = un mouvement = un retour. Mais il faut savoir où dois-je me rendre ?
Le Rav Wolbe explique que le retour doit avoir un but : aller (re)connaître son Créateur. Il ne faut pas attendre d’être âgé, il faut le faire quand on a toutes ses forces… Le Techouva doit nous mener vers la connaissance du Créateur.
Mais pour cela, nous dit le Rav Wolbe, il faut de la volonté. Car l’homme a le libre arbitre, et quel que soit le sens où l’homme veut se diriger, on va lui ouvrir les portes… même si c’est la voie de la faute.
Une autre condition nécessaire est de prendre du temps. Je dois investir en temps pour m’auto-évaluer. Est-ce que j’agis bien ? Est-ce que je remplis mon rôle ?
Le jour de Kippour ne suffit, il faut réfléchir avant à son bilan personnel.
Le Rav Wolbe rappelle aussi les 4 éléments de la Tehcouva :
1. Abandonner la faute
2. Regretter la faute. Car il faut savoir que chaque faute me sépare un peu plus du Créateur.
3. Dire sa faute dans le Vidouy. C’est la soudure. L’homme est créé à l’image de D. (Tselem). Tselem est construit sur la même racine que Tsel = l’ombre. L’état naturel de l’homme est d’être attaché à D. comme l’ombre l’est à l’objet dont elle provient. Mais la faute nous a séparé. Le vidouy permet de souder. On dit « Sur la faute que nous avons faite DEVANT TOI »… et nous sommes éloignés.
En disant la faute, je retourne vers l’état initial.
4. La décision de ne plus recommencer.
Nous avons le libre arbitre, mais la Torah nous dit « Tu choisiras la vie ». Nous avons utilisé notre libre arbitre pour aller dans la mauvaise direction.
D. nous comble de Ses bienfaits… et nous qu’en faisons-nous ?
La décision de ne plus fauter est telle que « Celui qui connaît les pensées » peut être garant que l’on ne recommencera plus.
Le moment le plus opportun, selon le rav Wolbe, pour ce genre de décision, c’est la Néila. Je dois être capable de penser et de dire que désormais j’utiliserai mon libre arbitre, ma liberté à bon escient.
A nous donc de faire les efforts pour faire Techouva, et tenter de se parfaire vis-à-vis du prochain et vis-à-vis du Créateur.
Chabbat Chalom
GMAR ’HATIMA TOVA
CHANA TOVA
Stéphane Haim COHEN
D’après la Guemara Baba Qama 50a, Editions Sotenschtein
D’après Alei Chur