Besimana Tava
« D. vit que la lumière était bonne ; D. sépara entre la lumière et les ténèbres.»
(BERECHIT 1,4)
Nous venons de terminer les fêtes du mois de Tichri. Nous avons pu ressentir une proximité avec le Roi. Mais maintenant les cadeaux sont finis… Si l’on veut retrouver cette proximité, il faut le vouloir. Il faut aller vers le Roi…, dans la vie il faut faire des efforts.
Ce n’est plus Lui qui vient vers nous. C’est à nous de bien savoir utiliser l’énergie emmagasinée et nos bonnes résolutions, pour tenter de s’élever vers le Roi.
S’élever, c’est essentiellement une chose… tenter de connaître le Roi. Mais, pour cela, il n’y a pas 36 solutions. Si je veux tenter de Le connaître, je dois étudier Son message intemporel, la Torah. Et bien sûr intégrer en moi cette Torah… je dois me comporter comme un homme de Torah.
Pour comprendre la Torah écrite, la Torah Orale (le Talmud) est indispensable. C’est pourquoi, cette année, je tenterai, bli neder (sans engagement formel), de rédiger ce commentaire hebdomadaire (bli neder) en traduisant des passages de guemara qui expliquent un verset de la paracha.
De cette façon, nous comprendrons mieux, que sans étudier et comprendre la Loi Orale, on ne comprend rien à la Loi Ecrite.
Dans le verset en entête, la Torah nous dit que D. a séparé entre la lumière et les ténèbres. C’est un verset auquel nous faisons allusion, chaque samedi soir, après chabbat, lorsque nous faisons la Havdala. Nous disons « Béni sois Tu … celui qui sépare entre la lumière et les ténèbres…. ».
Dans le 5è chapitre de la guemara Bera’hot (page 33a), on trouve une michna qui nous dit que l’on doit réciter la havdala dans ‘honen hadaat.
En effet, en plus de la havdala que l’on fait à la maison, sur du vin, bougie, et espèce végétale odorante …, dans la prière (amida) du samedi soir, arvit, on intercale un passage de « havdala ».
La michna nous dit donc que ce passage doit être inclus dans ‘honen hadaat.
La guemara demande, mais pourquoi mettre la havdala à cet endroit de la amida ?
Rav Yossef répond parce que la havdala (=séparer), c’est une ‘ho’hma (sagesse/intelligence). C’est pourquoi, on l’a incluse dans le passage où l’on demande à D. de nous donner l’intelligence/le savoir.
Une autre explication de la position de la havdala est :
On l’a placée au début des bénédictions des jours profanes, car elle parle du passage du sacré au profane.
En effet, les 3 premières bénédictions de la amida sont des louanges à D. qui sont identiques, quel que soit le jour de la semaine. Le milieu de la amida, est constitué en semaine de 13 bénédictions dans lesquelles nous formulons nos besoins au Roi. [les 3 dernières sont des louanges et une conclusion, et sont identiques quel que soit le jour de la semaine].
La première bénédiction de la semaine est donc une demande particulière… Nous demandons à D. le savoir/l’intelligence.
Le Rachba explique, dans ‘Hidouche Agadot, que le savoir/l’intelligence, c’est la base de tout. Toutes les demandes de la amida qui suivent dépendent de l’intelligence.
En effet, comment peut-on demander pardon à D. si on n’a pas l’intelligence de le comprendre ? Comment peut-on formuler nos besoins au Roi, si on n’a pas compris que c’est à Lui qu’il faut demander ? L’intelligence et le savoir sont la base de toutes nos demandes !
La guemara dit d’ailleurs un peu plus loin : tout homme qui est intelligent, qui a du savoir, c’est comme si le Temple avait été construit de son vivant.
Le Rachba explique que du Temple est sortie l’intelligence de la Torah qui a illuminé le monde. Ainsi, c’est au sein du Temple qu siégeait le Sanhédrin qui a diffusé et expliqué la Torah.
Au Temple, se trouvaient aussi les ustensiles Saints (la Ménora, l’autel…) qui étaient des invitations au Savoir. Ces ustensiles permettaient de concevoir (pas de façon magique, c’est certain, mais en suscitant la réflexion) des concepts intellectuels élevés.
De nos jours, celui qui développe son savoir et qui réfléchit, peut arriver à retrouver ces concepts… c’est comme si le Temple avait était reconstruit de son vivant.
Prions, étudions, et agissons, pour que cela ne soit pas uniquement « comme si » … mais que par nos efforts le Temple soit vite reconstruit.
Rapidement et de notre vivant. Amen
Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
D’après Guemara Bera’hot 33a
Editions Sotenschtein