« Car le penchant de l’homme est mauvais depuis sa jeunesse…»
(BERECHIT 6,21)
Dans la paracha de la semaine, la paracha Noa’h, on vit deux épisodes où l’humanité s’est opposée à son Créateur.
A l’époque de Noa’h, l’humanité a fauté et a été complètement détruite par le déluge. A la fin de la paracha, c’est la génération qui a voulu se séparer de son Créateur en érigeant la Tour de Babel.
A la fin de l’épisode du déluge, D. promet qu’Il ne détruira plus toute l’humanité, comme Il l’a accompli pour cette génération. Et Il dit à ce moment le verset en entête.
A propos du verset en entête la guemara Qidouchine 30b explique :
Nos Maîtres ont enseigné que le mauvais penchant de l’homme est vraiment terrible puisque même Son Créateur [D.] le qualifie de mauvais, comme le verset en entête le dit.
La guemara nous rappelle que c’est D. qui a créé le mauvais penchant. Mais il y a une solution… la guérison a été créée avant la plaie.
La guemara fait parler D. : « J’ai créé le mauvais penchant, [mais] J’ai créé la Torah, le remède ».
La guemara cite aussi « Tana debé Rabbi Ychmael :
Si ce pourri [le mauvais penchant] te rencontre, tire le à la maison d’étude ».
Le vrai médicament contre le mauvais penchant c’est la Torah.
En effet, le mauvais penchant représente les envies, les désirs matériels, le fait d’écouter son corps, la bêtise.
Mais, celui qui réfléchit vraiment, qui fait fonctionner son cerveau rationnellement, ne va pas fauter. Si je réfléchis [bien] avant d’agir, alors clairement je ne faute pas.
La Torah m’apprend à réfléchir. Elle me donne la possibilité de faire travailler ma tête correctement. En théorie, en étudiant la Torah, je dois pouvoir comprendre ce que D. attend de moi. Donc, clairement je n’écoute plus le mauvais penchant, car je me suis habitué à écouter La Raison.
La guemara dit « tire le à la maison d’étude », et ne dis pas « vas à la maison d’étude ».
Car, quand on doit faire face au mauvais penchant, ce n’est pas facile de prendre la bonne décision (faire travailler son intelligence, étudier la Torah). Il faut se bouger, s’arracher pour se rendre au Beit Hamidrach.
Et même si au début, on ne s’y rend pas pour le simple fait d’étudier (Lichma), il faut s’y rendre (Lo lichma). Même si au début j’étudie pour qu’on me respecte, pour que l’on m’appelle « Rav », pour espérer être récompensé par D., il faut le faire. Car cette étude « Lo lichma » [= intéressée] m’amènera à la vraie dimension de l’étude = Lichma.
Etudier sans espérer d’autre chose que comprendre la vérité. Etudier pour intégrer dans mon esprit La Vérité. Ensuite si j’ai vraiment compris quelque chose, si l’ai intégré y-a-t-il vraiment un risque que je n’applique pas.
Imaginons un homme qui a compris que 2 et 2 font 4. Si on lui donne 2 pièces de 2 shekels, pourra-t-il croire qu’il a 5 shekels en poche ? Pour la Torah, pour la vie en général c’est la même chose je dois me casser la tête pour découvrir la vérité, et ensuite naturellement, par amour du Roi mettre en application, faire ce que D. m’a demandé.
Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
www.limud.net
D’après Guemara Quidouchine 30b,
Editions Sotenschtein
D’autres lectures, et quelques remarques d’un ami.