« Dis, je t’en prie que tu es ma soeur, afin qu’il m’arrive du bien pour toi, et mon âme vivra grâce à toi » Berechit (12,13)
« Et à Avram, il fit du bien pour elle… » Berechit (12,16)
Cette semaine nous lisons la paracha LE’H LE’HA.
Après les échecs que les hommes ont générés depuis la création du monde (la faute de Adam et ‘Hava, la génération du déluge, celle de la Tour de Babel), un homme apparaît dans la Paracha de cette semaine. C’est un homme hors du commun, c’est Avraham (Nous l’appellerons ainsi, bien qu’au début de la paracha, il soit nommé Avram).
Cet homme est doublement exceptionnel :
- D’une part, grâce à son intelligence et à son discernement il parvient à comprendre que le monde a forcément un Créateur.
- D’autre part, il comprend, contrairement à la génération de la Tour de Babel, que D. a créé le monde et ne s’en est pas déchargé. Avraham comprend, qu’en faisant de la place au Créateur, parmi les hommes, le Créateur se révèle. Et c’est ce qui se passe.
Avraham notre père, notre ancêtre, la source de notre peuple, a le mérite que D. le choisisse, pour faire passer Son message.
Avraham se soumet entièrement, d’une foi complète au Créateur, et c’est cela aussi sa grandeur. Même, si les ordres qu’il reçoit ne sont pas compatibles avec la logique humaine, il se soumet, et applique la volonté de D.
Avraham a compris que D. existe, il conçoit D., il perçoit D., il est proche de D. Par amour de D., par amour de La Vérité, il écoute donc les commandements divins.
Il a quitté son pays natal pour une terre inconnue. A peine arrivé en Canaan, la famine sévit, il doit partir en Egypte. Encore une fois, il déménage, cela ne le perturbe pas dans sa foi.
A l’orée de l’Egypte, Avraham demande à Sarah de se faire passer pour sa soeur (verset en entête). Cela se passera bien… il s’en sortira couvert de cadeaux (de Pharaon).
Dans la guemara Baba Metsia 59a, Rabbi ‘Helbo dit :
Un homme doit faire particulièrement attention au respect de sa femme, car la bénédiction ne se trouve dans le foyer que grâce à l’épouse. Comme il est dit « Et à Avram, il fit du bien pour elle… » Berechit (12,16).
C’est dans le même esprit que les paroles de Rava : « Honorez vos épouses afin que vous vous enrichissiez ! ».
En effet, cette guemara parle de « Onaat Devarim » = blesser son prochain par des paroles. Rav avait déjà prévenu : «il ne faut pas blesser sa femme (par des paroles) ; comme la femme a la larme facile, alors la punition divine est rapide ! ».
L’on sait d’ailleurs que depuis que le Temple a été détruit nos prières sont plus difficilement acceptées : « les portes de la prière sont fermées ». Ce n’est pas hermétique, mais … ce n’est pas facile.
En revanche, les portes des pleurs sont ouvertes. D. n’est pas sourd aux demandes de celui qui pleure… c’est pourquoi, l’on ne doit pas blesser sa femme… et surtout pas la faire pleurer… sinon c’est le boomerang.
Dans notre paracha, l’on voit même plus : on fait du bien à Avraham grâce à Sarah.
C’est en rendant sa femme heureuse, en faisant le nécessaire pour qu’elle s’épanouisse, que l’on devient soi même heureux… et que l’on attire les bénédictions.
Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
www.limud.net
D’après Guemara Baba Metsia 59a,
Editions Sotenschtein