«… Et tout ce que tu me donneras, le dixième je prélèverai [assere aassérénou] pour toi »
(BERECHIT 28,22)
Le début de la Paracha Vayetse présente le départ de Yaaqov de Beer Sheva vers ‘Haran. Il fuit Esaw, et suit le conseil de ses parents : aller chez Lavan, le frère de sa mère, (à ‘Haran) afin d’épouser une de ses filles. Rappelons que Yaaqov voulait épouser Ra’hel, mais par la tromperie de Lavan, il se maria d’abord avec l’aînée à savoir Léa. C’est chez Lavan que naîtront les enfants de Yaaqov, les tribus d’Israel (sauf Binyamin).
La guemara Ketouvot 50a nous explique que nos maîtres ont institué à Oucha plusieurs règles.
Oucha est une ville de Galilée. C’est un des lieux où a séjourné le Sanhédrine, à l’époque de la destruction du second Temple. Son passage dans la ville de Yabné est d’ailleurs plus connu que celui à Oucha.
En tout cas, à Oucha, nos maîtres ont institué qu’il ne faut pas dépenser plus de 20% de ses revenus pour la Tsedaka. La raison est simple. En dépensant plus de 20%, on risque de s’appauvrir et surtout de devenir demandeur : passer de donneur à receveur.
La guemara demande : quel est le verset qui nous enseigne ceci ?
C’est le verset en entête. Lorsque Yaaqov s’engage à donner 10% de ses revenus, si D. est avec lui. Or le langage utilisé est redondant : « assere aassérénou ». Par deux fois on fait allusion, à 10%, cela fait donc 20%.
Mais, si ce sont les maîtres qui ont institué cette limitation, pourquoi chercher un verset de la Torah ? Cette limitation est-elle un commandement de la Torah ?
En fait, ce sont les sages de Oucha qui ont raisonné et imposé le principe de limiter les dons. Mais la borne, ce n’est pas eux qui l’ont inventé. Ils ont voulu trouvé un verset pour expliciter cette la valeur quantitative de cette limite.
Le Méiri nous dit que la norme, la moyenne, est de 10%, mais celui qui le souhaite peut faire plus et donner jusqu’à 20%.
Certains Richonime nous disent que cette limite ne concerne pas que la tsedaqa. Pour les autres commandements positifs aussi, il ne faut pas dépenser plus de 20%.
En revanche pour soutenir la Torah on peut faire plus… alors faisons nous mal au portefeuille !
Chabbat Chalom
Stéphane Haim COHEN
www.limud.net
D’après Guemara Ketouvot 50a,
Editions Sotenschtein