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לימוד תורה
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VAYICHLA’H 5770

«… J’ai vu ton visage, comme on voit la face de D.»
Berechit (33,10).

Au début de la Paracha Vayichla’h, Yaaqov se prépare à retrouver son frère Esaw. Rappelons la façon dont ils s’étaient séparés dans la paracha Toledot : Esaw voulait tuer son frère Yaaqov suite à l’épisode de la bénédiction d’Isaac.
Yaaqov se prépare triplement à cette rencontre périlleuse :
- Il se prépare à l’affrontement armé, en séparant sa famille en 2 camps. Si l’un des deux devaient être frappés, l’autre serait sauvé.
- Il prie D. de l’aider en disant, en autre, « Sauve-moi de la main de mon frère de la main d’Esaw ».
- Il prépare des cadeaux pour amadouer son frère (il veut négocier !).

Quand Yaaqov rencontre Esaw cela se passe bien, le pire est évité…

Mais apparemment Yaaqov est obligé de faire l’hypocrite (verset en entête). Il dit à Esaw «… J’ai vu ton visage, comme on voit la face de D.» Berechit (33,10).

La guemara Sota 41b traite de ce sujet. Est-il possible de faire l’hypocrite avec les puissants ?

La guemara répond d’abord par l’affirmative. En effet, il est écrit à propos des temps messianiques « et l’on ne qualifiera plus le pervers de noble… » Isaïe(32,5). On déduit donc qu’avant les temps messianiques, à notre époque, il est permis de le faire… mais seulement quand c’est nécessaire, avec les oppresseurs.

Rabbi Chim’on ben Laqich nous dit qu’on apprend de Yaaqov qu’il est permis d’être hypocrite avec les puissants. En effet il a dit à Esaw «… J’ai vu ton visage, comme on voit la face de D.» Berechit (33,10).

Toutefois, Rabbi Lévi n’interprète pas le verset en entête dans le même sens. Pour lui Yaaqov ne se situe pas dans un registre hypocrite.
Il compare les paroles de Yaaqov à l’exemple suivant :
Un homme à invité chez lui un étranger. L’étranger se sent menacé et pense que son hôte veut le tuer. Lorsqu’il goûte un plat présenté par son hôte, l’invité dit : « délicieux… cela ressemble au plat que j’ai goûté chez le Roi ». L’hôte prend peur, son invité a déjà mangé chez le roi … et se ravise. Il n’attentera pas à la vie de l’étranger.
Pour Yaaqov c’est pareil ! Il compare Esaw à D., c’est donc que Yaaqov connaît la face de D… Esaw prend peur et se ravise.
Cette explication du verset nous montre que même si Yaaqov a été hypocrite avec Esaw, il le caresse dans le sens du poil (Esaw est velu !!!) avec les cadeaux… ici il le menace ! il ne ment pas en comparant Esaw à D. c’est simplement une menace !

Encore une fois sans le Talmud, sans la Loi Orale on ne comprend pas la Loi écrite.

CHABBAT CHALOM

Stéphane Haim COHEN

D’après Guemara Sota 41b,
Editions Sotenschtein