Chavouot 5786
"D. descendit sur le Mont Sinaï sur le sommet de la montagne. D. appela Moshé au sommet sur le sommet de la montagne et Moshé monta."
(Chemot 19,20)
Cette semaine, jeudi soir, nous entrerons dans la fête de Chavouot. Nous enchaînerons avec Chabbat, qui sera le chabbat Nasso en Israel, et simplement le second jour de Chavouot en dehors d’Israel.
Le verset en entête fait référence à la révélation. D. est descendu sur le Mont Sinaï pour donner par l’intermédiaire de Moshé, les tables de La Loi.
49 jours après Pessa’h, qui est la fête de la liberté physique, nous entrons dans la fête du don de la Torah, que l’on associe souvent à la liberté mentale.
Le Rav Dessler dans le Mi’htav Meeliahou, 2è volume, nous explique que la réception de la Torah n’est pas un simple événement qui s’est produit.
Chaque génération, chaque année, chaque jour, nous pouvons aussi recevoir la Torah.
La torah, comme le dit le Maharal, c’est l’esprit divin. Elle est donc infinie. Nos maîtres nous disent que la Torah précède la création du monde.
Notre monde est limité, c’est un monde d’obscurité. La Torah précède la monde, cela signifie qu’elle n’a pas de limite.
Mais l’homme est limité, alors comment peut-il appréhender la Torah qui est infinie ?
Le Rav Dessler nous explique que le paradoxe ne peut s’expliquer que par le miracle ! D. nous donne la Torah : c’est cela le miracle. La guemara Nedarim 65 explique le verset “Ou mimidbar, matana” qui est une référence à des étapes des Bné Israel dans le désert. La guemara y voit une allégorie: celui qui se transforme en désert (midbar), aura le mérite de recevoir la Torah qui est le cadeau (matana).
Pour avoir le droit au miracle de recevoir la Torah, il faut se transformer en désert. Il faut accepter d’agir avant de comprendre. Naassé Ve Nichma, c’est ainsi que nous pouvons obtenir la Torah en cadeau.
Pour cela il faut se débarrasser son égoïsme, il faut parfaire sa personnalité…. pour savoir s’effacer devant la D. Sinon, pas de cadeau ! pas de Torah !
Le problème est que pour se parfaire, nous avons besoin de la Torah. Ainsi la guemara Kidouchine 30b nous dit : “J’ai créé le mauvais penchant, J’ai créé un remède [la Torah]”. La torah nous permet donc de nous parfaire.
Alors qu’en est-il ? Pour recevoir la Torah je dois être parfait, et pour me parfaire je dois avoir la Torah, est-ce un problème insoluble ?
Le Rav Dessler nous dit que le don de la Torah est double.
Il y a eu les premières Tables de la Loi, qui venaient du Ciel. C’est le cadeau pur, destiné à l’homme parfait. Mais il y a aussi les 2è Tables de Loi, celles qui viennent d’en bas, celles qui vous nous aider à grandir. C’est une Torah, limitée, comme nous, mais nous en avons besoin pour progresser.
Avec ce premier niveau, je pourrai ensuite m’approcher de la Torah pour la Torah, la Torah infinie, ce délice infini !
Pour terminer voici un passage que j’ai déjà envoyé en 5782
Les 10 paroles
A Chavouot (vendredi matin), nous lirons les 10 commandements, que la Torah nomme les “Paroles”.
Le Rav Zacks zal nous rappelle que l’on peut classer ces paroles en 3 groupes.
Les 3 premiers commandements sont liés à D.
Reconnaître que D. existe, l’interdit de l’idolâtrie, ne pas jurer/prononcer le nom de D. en vain. En résumé donner de la place à D. parmi nous
Les 3 commandements suivants sont liés à notre existence. Inscrire D. dans notre quotidien. Respecter le Chabbat, c’est déclarer que D. est le Créateur.
Respecter ses parents, c’est honorer ceux par qui nous existons, et donc par transitivité, le Créateur.
Ne pas tuer, c’est ne pas toucher à son prochain qui est créé à l’image de D.
Les 3 commandements suivants sont indispensables au bien-être de la société.
L’interdit de l’adultère est un des fondements du mariage. Et le mariage est le lien humain qui ressemble le plus à la relation entre l’homme et D.
L’interdit du vol, la protection de la propriété privée, sont des fondements d’une société libre (Locke).
L’interdit du faux témoignage permet à la société de faire que la justice fonctionne. Une société ne peut fonctionner qu’avec un système judiciaire efficace.
Le Rav Zacks zal a donc classé les 9 premiers commandements. Il reste le dernier, l’interdit de convoiter le bien, ou la femme de son prochain, qui ressemble à un cheveu qui tombe sur la soupe. Ce commandement semble bien anecdotique, eu égard aux 9 premiers.
En fait le Rav Zacks explique que la jalousie, la convoitise, est le fruit du désir “naturel” de ressembler à l’autre, et donc d’avoir ce que l’autre possède. Ce désir de mimétisme peut pousser l’homme qui ne se maîtrise à enfreindre toutes les lois de la société : l’adultère, le vol, le faux témoignage, et même le meutre. Cette jalousie est donc la source, le mal à la racine, qui peut détruire la société.
Au bout du compte, celui qui est jaloux se révolte contre D. Il n’accepte pas sa situation, il pense qu’il mérite plus. Celui qui croit vraiment en D. est convaincu que ce qu’il détient, lui revient “de droit divin”. S’il ne possède pas, c’est qu’il ne le mérite pas.
Le Rav Zacks conclut que 3300 ans après que les 10 paroles aient été données,