Soukot 5787

« Dans les cabanes [soukot] vous résiderez 7 jours … »
(Vayiqra 23,42)

 

Le grand rendez-vous est derrière nous. Les compteurs ont été remis à zéro. Kippour est fini. La proximité avec le Roi des 10 jours de Techouva est aussi passée.

D. n’a pas besoin de nous, Il n’a pas besoin de nos prières non plus. Lorsque que l’on déclare que D. est UN (le Chema Israel), cela signifie, qu’Il est entier, rien ne Lui manque, Il n’a donc pas besoin de nous.
S’IL nous a créés, c’est donc uniquement par amour. c’est cela qu’il faut comprendre en disant le Chema. Ensuite on enchaîne en disant “Tu aimerais ton D.”. C’est logique, si j’ai conscience que D. m’aime, alors forcément, je vais pouvoir développer mon amour pour Lui.

Comme D. nous aime, Il nous donne aussi une semaine de plus. Nous pourrons nous rapprocher une semaine de plus de D. en vivant dans la cabane.

Alors, c’est vrai, le repentir, les prières nous ont peut-être permis de nous élever. Le jour du jeûne de Yom Kippour, nous ressemblions à des anges. Sans manger, sans boire, dire les louanges de D., se repentir, … tout cela contribue à oublier la matérialité, et nous rapproche du spirituel. Nous avons donc vécu une expérience spirituelle exceptionnelle !

Mais on ne peut pas s’approcher de D. uniquement en se séparant du matériel. A soukot, nous allons comprendre que manger permet aussi de se rapprocher de D.

En mangeant dans la souka, j’accomplis une mitswa, et par conséquent, je me rapproche de D.
En dormant dans la souka, sans être conscient puisque je dors, j'accomplis une mitswa.

La Torah m’apprend que je peux même satisfaire mes besoins les plus élémentaires comme manger ou dormir, et par la même occasion réaliser une mitswa.

La Torah m’apprend ainsi à rechercher le but de toutes mes actions pas seulement à soukot, mais pendant l’année qui va suivre aussi !
 

Le monde matériel doit être un moyen de m’élever. Mais, pour le comprendre je passe dans la souka, la maison précaire. On me montre que le matériel est un moyen et pas une fin. Et ainsi, je suis heureux, car il ne me manque rien. Si je n’ai pas d’attentes, alors tout ce que D. me donne est du bonus.

Aazinou 5787 et Yom Kippour

« Le Rocher [le Créateur] parfaite est Son œuvre, car toutes Ses voies sont jugement, un D. fidèle et sans iniquité, Il est juste et droit.»
(DEVARIM 32,4)

Ce chabbat, c’est chabbat Chouva, en référence à la haftara qu’on lira. Ce chabbat, entre Roch Hachana et Yom Kippour est donc une invitation au retour aux fondamentaux, au retour aux valeurs de la Torah.

La paracha Aazinou, que nous lirons Chabbat est un chant dans lequel Moshé prend le ciel et la terre à témoin. On y lira le verset en entête, qu’on ne peut pas ne pas mettre en parallèle avec Yom Kippour.
Nous allons nous présenter devant le Roi. Lundi après midi, après la lecture de la Torah de Min’ha de Yom Kippour, nous lirons le livre Yona (Jonas) en guise de Haftara.
J’ai un attachement particulier, familial au Livre de Jonas (!). Mais pourquoi le lit-on à Yom Kippour ?
Evidemment, il traite de repentir, le Prophète Yona, doit aller sermoner les habitants de Ninive, afin qu’ils reviennent dans le droit chemin.
J’aimerais relever 2 autres liens avec Yom Kippour.

1. La fuite
Yona reçoit la mission divine. Il doit aller susciter le repentir de Ninive. Mais Yona fuit. Il a une mission… et il fuit ! Yona est en fait un miroir pour nous. Il a une mission. Chaque humain a une mission. Il faut découvrir cette mission. Mais une fois que l’on se connaît suffisamment et que l’on connaît sa mission, combien de fois allons-nous fuir ?
Nous allons nous créer de fausses obligations. Nous allons nous créer des occupations. Ainsi, plus besoin de penser. Nous allons être empêtrés dans le quotidien… C’est la fuite. Nous prendrons l’accessoire pour l’essentiel.
Et même lorsque nous quitterons le quotidien, pour partir en vacances … c’est encore la fuite. 

Prenons-nous le temps de penser ? Prenons le temps de découvrir ce que nous devons faire ? Et si c’est fait, mettons-nous les moyens en place pour accomplir ce que nous devons faire ? Faisons-nous les efforts pour nous accomplir ? D. nous a donné un potentiel exceptionnel. Faisons-nous ce qu’il faut pour le réaliser ?

Quand nous nous approcherons des 120 ans, que pourrons-nous dire ? Que reste-t-il ? Qu’avons-nous fait de de notre vie ? Et cela passe vite “Ses jours passent comme une ombre”.
Yom Kippour est là pour que l’on puisse dire STOP. Finie la fuite.  Il faut analyser son passé, pour tenter de nous corriger et donner du sens à notre vie. 
Comme Yona, nous aussi on fuit. Mais le prophète nous dit qu’au bout du compte on se fait rattraper. Alors … autant ne pas fuir. Décidons d’être !

2. Le Kikayon
Le mois de Eloul passé m’a fait découvrir le Kikayon qui est devant moi. A la fin du Livre, Yona se retire à l’extérieur de la ville. D. lui fait pousser miraculeusement un Kikayon (un ricin). Cet arbre va le protéger, lui apporter de l’ombre. Yona s’en réjouit très fortement. Mais le lendemain, D. fait sécher, l’arbre. Yona est démoralisé. il dit “Ma mort est plus souhaitable que ma vie”.

Parfois, on reçoit un cadeau du Ciel, et on en est heureux, d’une joie intense. Et peu de temps après, le soufflé retombe. Le cadeau disparaît. C’est la désolation. Les angoisses. 

Mais avons-nous oublié que 2 jours avant, il n’y avait pas de cadeau. 
D. a donné, D. a repris, simplement. La joie du cadeau, comme la tristesse après sont juste des incitations à penser. Mon bonheur ne doit pas dépendre de ce qu’on me donne ou qu’on me prend. Mon bonheur, je dois le construire.

Mon bonheur ne doit pas dépendre du cadeau d’un autre, du gentil mot de l’autre ou de son sourire. Mon bonheur viendra de mon accomplissement personnel. La plénitude, c’est lorsque

Roch Hachana 5787

Ce soir, vendredi soir, nous commencerons l’année 5787. C’est Roch Hachana=La tête de l’année.
Il y a 3 ans aussi, 3 semaines avant le 7 octobre, Roch Hachana tombait un vendredi soir. Nous sortions d’une année où la division dans le peuple allait croissante. Aujourd’hui, qu’en est-il de la situation du peuple juif, en Israel ? dans le monde ?
Rien n’est parfait, mais probablement que nous sommes dans une meilleure situation qu’il y a 3 ans. Néanmoins cela ne suffit pas. Nous entrons ce soir dans la nouvelle année. 

Nous sommes jugés à Roch Hachana. L’examen de conscience est nécessaire, au niveau personnel et au niveau collectif. 

Ce n’est pas tout, nous allons aussi prier. Les liturgies contribuent à créer cette atmosphère propice au changement, à la remise en question.
 

Mais, si M. X est considéré comme coupable, comment une prière devant D. pourrait contribuer à son acquittement devant D. ?
Le Sefer Ha Iqarim du Rav Yossef Albo (15è siècle, Espagne) nous explique que l’homme qui prie se transforme. Après sa prière, l’homme n’est plus le même homme, il est donc logique que le jugement divin soit différent : D. ne juge plus le même homme. 

Mais pour changer en priant, il faut comprendre le sens des mots prononcés. D’où la nécessité des livres traduits pour celui qui a des difficultés en hébreu. D’où la nécessité des livres expliqués,  même pour ceux qui comprennent l’hébreu. La prière est tellement riche. Les allusions sont tellement omniprésentes, que cela mérite une étude approfondie.
Ainsi, je pourrais comprendre la prière. Mais dans comprendre, il y a prendre. Je dois prendre en moi ce que je dis. C’est ainsi que je me transforme.
Entre Roch Hachana et Kippour

Nous dirons Avinou, Malkénou = notre Père, notre Roi. Ce sont 2 façons de représenter notre relation à D.


Quand je dis que D. est notre père, cela signifie que je dois L’aimer comme un père. Cela signifie aussi que je lui dois du respect. Cela signifie que je sais qu’Il m’aime et que tout ce qu’Il fait est pour notre bien. Je L’implore comme un père qui aime Ses enfants.

Mais, dire que D. est NOTRE père cela signifie que nous sommes frères.

La base, c’est donc considérer l’autre comme mon frère. Si je ne suis pas d’accord, si je veux faire une remontrance, c’est avec l’amour d’un frère. Si je sais qu’il ne va pas comprendre et qu’il va mal le prendre, je ferme ma bouche.

Je dois accepter que mon frère ne pense pas comme moi. Je peux m’opposer idéologiquement avec mon frère, mais l’amour est là, je ne chercherai pas à l’écraser. C’est ainsi que l’on doit concevoir les relations avec les proches et dans le peuple en général. 

Et si je considère l’Autre comme mon frère, alors forcément D. est NOTRE père.

D. est aussi NOTRE Roi. Cela signifie que l’on ne discute pas les décrets du Roi. Je dois oublier mon MOI, si je veux LE considérer comme notre ROI. 

Mais, malgré les paroles, malgré les prières, ce n’est pas simple. Parfois, on dit des choses que l’on ne pense pas. Parfois on dit des choses que l’on ne pensera plus dans quelques jours. Mais tout le travail de l’homme est là. Un homme n’est pas un ange. Un homme est rempli de contradictions. Tout notre travail sur terre est de réduire nos contradictions.

Si vraiment je sais m’annuler devant le Roi, si vraiment, je sais Le considérer comme NOTRE père, alors forcément, la joie m’envahit. Il ne

Nitsavim 5786

« Vous êtes debouts aujourd'hui, vous tous, devant D.: vos chefs [pour] vos tribus, vos anciens, vos policiers, tout homme d'Israël ; vos enfants, vos femmes et l'étranger qui est dans tes camps, depuis le fendeur de bois jusqu'au puiseur d'eau ; afin d'entrer dans l'alliance de l'Éternel, ton Dieu, et dans son serment, qu’il établit avec toi en ce jour. Afin de t’établir aujourd’hui pour Lui comme un peuple...»
(DEVARIM 29, 9-12)


Cette semaine, nous lisons la paracha Nitsavim, puis celle de Vayele’h. Traditionnellement, Nitsavim est toujours lue le chabbat qui précède Roch Hachana.
… Cela tombe bien parce que la paracha commence par les mots « Vous vous tenez debout, vous tous, aujourd'hui devant l'Eternel … »(DEVARIM 29,9)... comme pour un jugement.  En effet, Roch Hachana est le début de l'année, mais ce n'est pas un simple anniversaire, c'est le moment où D. juge toute l'humanité.
La guemara Roch Hachana 16b rapporte : 
« Rabbi Crospeday dit au nom de Rabbi Yo’hanan : 3 livres sont ouverts à Roch Hachana. Le livre des mécréants, le livre des justes, le livre des gens [benoniim] tangents. Les justes sont immédiatement inscrits dans le livre de la vie, les mécréants sont immédiatement inscrits dans le livre de la mort, les tangents sont suspendus jusqu’à YOM KIPOUR. S’ils ont mérité, ils sont inscrits dans le livre de la vie, sinon ils sont inscrits dans le livre de la mort. »

Le Ran sur ce passage explique que de la définition des benoniim, les tangents, nous comprenons que les justes sont ceux qui ont une majorité d’actions positives. Nous comprenons aussi que les méchants sont ceux qui ont une majorité d’actions négatives.

Mais pourtant, nous voyons bien qu’il y a bien des justes qui meurent et des méchants qui passeront une année tranquille. 

Le Ran rapporte donc les paroles de Rabbi Ychaya l’ancien. On appelle juste celui qui sera décrété comme juste pour le jugement spécifique de l’année. Et de même pour le racha.
Autrement dit quelqu’un peut être un vrai juste, dont les mérites sont largement supérieurs aux fautes, mais cette année, il sera qualifié de méchant, pour une faute particulière.
De même un méchant devrait normalement être condamné, mais il sera qualifié de juste pour une mitswa qu’il a réalisée, et pour laquelle il est récompensé cette année.

Le Ran précise que c’est la même explication que celle proposée par le Ramban. 

Cette vision des choses nous fait donc comprendre que tout compte… et dans les deux sens. On peut se croire juste, et on peut l’être vraiment, mais pour le jugement de l’année, c’est sur un détail, ou une faute mineure à nos yeux que l’on peut être jugé.

Inversement, on peut se croire méchant, mais en fait une simple petite bonne action peut nous sauver.

C’est cela peut être l’ampleur du jugement. TOUT compte. Nous devons analyser tous nos actes. Réfléchir, repenser nos actions passées. Décider de penser nos actions à venir. Agir sans penser, c’est laisser le mauvais penchant agir à notre place. Agir en pensant,

Ki Tavo 5786

 « Maudit soit celui qui frappe son prochain en cachette, et le peuple répondra Amen»
(DEVARIM, 27,24)

Cette semaine, nous lisons la Paracha Ki Tavo. Cette longue paracha comporte des bénédictions, mais aussi et surtout 98 malédictions terribles. Cela remet les idées en place avant le jugement à Roch Hachana. 
Avant le passage des malédictions, la Torah nous explique la cérémonie à réaliser après que le peuple ait passé le Jourdain. Il faudra répartir le peuple en deux, sur les Monts Geririzim et Eval. Les Leviim y diront une série de bénédictions et une série de malédictions, et le peuple répondra Amen.


Le verset en entête présente une de ces malédictions : Maudit soit celui qui frappe son prochain en cachette. Rashi explique que frapper en secret c’est faire de la médisance. Parler dans le dos de quelqu’un, même si c’est une vérité…. 

Le fils demande : Papa, pourquoi maudire celui qui fait du Lachone Hara, c’est si grave ?

Le père : tu me demandes pourquoi maudire celui qui a fait du lachone ara ? moi je te dis pourquoi faire  du lachone ara ?

Le fils : c’est vrai, à quoi cela sert ?

Le père : en vrai, cela ne sert à rien de médire… et pourtant cela se produit souvent.
D’abord, celui qui médit sur les autres se rassure. Il évite de penser à ses propres problèmes. Il évite d’analyser son comportement, puisqu’il va s’intéresser aux défauts des autres.

Ensuite est-ce tu imagines Elon Musk dire que le simple Steven Smith, employé dans les entrepôts de Amazon, est foncièrement bête. Non, ils ne jouent pas dans la même cour. On ne fait de la médisance que sur quelqu’un qui me ressemble, qui m’est comparable. En faisant de la médisance, je vais pouvoir en fait me rassurer. Je suis mieux que lui.

Le fils : mais parfois on fait du lachone ara parce que quelqu’un nous a énervé !

Le père : c’est vrai, l’autre peut avoir tort. Mais dois-je répéter ce qu’il m’a fait ? D’abord suis-je vraiment sûr que l’autre se comporte mal ? N’est-ce pas simplement de la jalousie gratuite. J’envie l’autre, il a ou il est ce que je ne suis pas, cela me rend malade… alors je vais déverser cette énergie négative qui est en moi pour tenter de la rabaisser.

Le fils : Mais si l’autre a fait du mal ?

Le père : Et s’il a fait Techouva ? Peut-être a-t-il demandé pardon ?

Le fils : qui dit que sa demande de pardon est sincère ?

Le père : L’homme agit avec ce que ses yeux voient. Quelqu’un qui a demandé pardon, je dois considérer que c’est sincère, bien évidemment, à condition qu’il ne recommence pas. Mais de toute façon, pardon sincère ou pas, rien ne me donne le droit de colporter le mauvais comportement de l’autre. 

Le fils : Papa, c’est très difficile parfois de se retenir de faire du lachone ara !

Le père : et oui ce n’est pas simple. Et on tombe rapidement dans un cercle vicieux… toujours plus de médisance ! Au mois de Eloul, c’est le moment de se remettre en question. Et avec l’aide du Ciel, celui qui veut vraiment changer, et s’améliorer, réussira. Et ainsi les malédictions,

Ki Tetse 5786

“...Tu ne prendras pas l'Egyptien en abomination, car tu as été résident dans son pays.”
(DEVARIM 23,8)

Cette semaine nous lisons la paracha Ki Tetse. Elle contient, de nombreux thèmes, beaucoup de lois …
Le verset en entête nous explique qu’il ne faut pas haïr l’Egyptien. Et pourtant, ils ont jeté les mâles nouveaux nés dans le fleuve, ils nous ont asservis, ils nous ont fait souffrir.
Mais la Torah ne veut pas qu’on les haïssent ! Hors de question de les prendre en abomination.


Cet semaine, j’ai relu le commentaire que j’avais écrit en 5784 sur la haine. Et ce jour, j’ai aussi lu un commentaire traduit en français du Rav Jonathan Sacks zal
https://rabbisacks.org/les-voix-de-lalliance/ki-tetse/se-defaire-de-la-haine/


Je pensais que je le retrouverai dans le livre traduit en hébreu Sig Ve Sia’h, et bien non ! Ce commentaire est simplement une traduction de l’anglais.

Voici quelques idées que j' ai retenues.

Les Bné Israel sont sur le point d’entrer en Erets Israel. Ils devront y fonder une société juste, et y respecter les Lois de la Torah.
La Torah nous apprend ici que l’on ne peut pas créer une nation sur la haine. Les Bné Israel ont souffert en Egypte, c’est vrai ! Mais si on crée un Etat dans lequel on ancre la haine de l’ancien oppresseur, alors ce n’est pas un état d’hommes libres. Celui qui garde la haine en soi, est soumis à l’autre, il n’est pas libre. Il est prisonnier de la personne qu’il haït.
Rava dans Baba Qama apprend la mitswa de reconnaissance du verset en entête. Dans Baba Qama 92b, il nous dit, d’où sait on que le puits dans lequel on a bu, il ne faut pas y jeter des pierres ? Du verset en entête : “tu ne prendras pas l’Egyptien en abomination”.

En fait, la Torah ne veut pas que je perde mon temps à haïr l’autre, même s’il m’a fait du mal. A quoi cela servirait de vivre dans l’abomination de l’Egyptien qui a pourri ma jeunesse ? Cela empêche juste de grandir et de prendre son indépendance ! Je risque juste de me créer un traumatisme. 
 

La Torah veut que je me serve de mon passé pour grandir. J’ai souffert en Egypte, et malgré tout je dois être reconnaissant = je dois faire de place à l’autre. Je pourrais me lamenter et ne penser qu’à moi… Mais non ! La Torah veut m’apprendre que je ne suis pas le centre du monde, l’Autre existe. Et je dois lui être reconnaissant, en trouvant une raison qui me permette de ne pas passer le reste de ma vie à ressasser les traitements qu’il m’a fait subir.

Le Rav Sacks précise que nous avons ruiné l’Egypte, en se servant de leur richesse avant de partir. Mais ce n’est rien par rapport à toutes les souffrances endurées. Ce n’est rien face aux Bné Israel assassinés. Ce n’est pas une compensation. On ne compense pas les vies perdues. Et pourtant, ces “réparations” ont été utiles. Elles ont permis de commencer le travail pour soigner la haine des Bné Israel envers leurs anciens oppresseurs. De même lorsque la Torah nous dit de ne pas prendre en abomination les Egyptiens car ils nous ont accordé l’hospitalité, c’est pour tenter de donner du sens à ce qui s’est passé en Egypte.
Mettre les souffrances passées sous le tapis, les étouffer est souvent inutile. Un jour ou l’autre, elles ressortiront. En revanche, en leur donnant un sens, j’arrive à me soigner, et à dépasser le traumatisme.
A la fin de la paracha nous avons le passage de Za’hor. Il faut se souvenir de ce que nous a fait Amaleq, et effacer le souvenir, et la présence d’Amaleq. Alors pourquoi cette différence de traitement ? Amaleq, on doit le faire disparaître et l’Egyptien on doit lui pardonner ?

En fait, l’Egyptien c’est du passé. Si je continue à le haïr, je vis dans le passé, traumatisé, je ne grandis pas.
Amaleq, c’est le présent. La Torah me demande de lutter en permanence contre ceux qui représente Amaleq. Celui qui profite de sa force

Chofetim 5786

« Des juges et des policiers tu placeras pour toi dans toutes tes portes que D. te donne donne pour tes tribus; et ils jugeront le peuple avec un jugement juste. »
(DEVARIM 16,18)

Nous entrons aujourd’hui dans le mois de Eloul. C’est le mois qui va nous conduire à Roch Hachana, le jour du jugement.
Cette semaine, nous lisons la Paracha Chofetim, comme dans la plupart des parachyot du dernier livre de la Torah, Moshé donne ses recommandations aux Bné Israel, avant que le peuple entre en Israel.
La Torah nous demande de mettre en place une institution judiciaire dans chaque ville.
Le Kli Yakar explique que la Torah s’adresse à celui qui a le pouvoir : “tu placeras pour toi”. Celui-ci aura la mission de nommer des juges indépendants qui ne lui seront pas reconnaissants ! Il faut d’abord que le juge soit en mesure de juger celui qui le nomme. C’est la séparation des pouvoirs. 
Et, si le juge est assez fort pour ne pas favoriser celui qui l’a nommé, à plus forte raison qu’il ne favorisera pas les autres justiciables.
Le Kli Yakar, explique aussi, que pour être en mesure de juger le peuple, il faut d’abord être propre. “Tu placeras pour TOI”, nous fait comprendre qu’il faut d’abord être exemplaire, pour ensuite être capable de juger les autres. 


Nous sommes aujourd’hui le 1er Eloul, le mois où commence la remise en question PERSONNELLE. A l’instar des juges, il faut d’abord être exemplaire et se corriger soi-même, avant de vouloir corriger les défauts des autres.
Le verset suivant nous demande de ne pas pervertir le jugement, de ne pas faire de favoritisme, de ne pas prendre de présent corrupteur( Devarim 16,19). Et au verset 21 et suivants, on nous donne des ordres concernant l’autel sur lequel nous apportions les offrandes. Le Kli Yakar s’intéresse à la succession de sujets apparemment distincts.
Le Midrach Raba raconte que sur les 6 marches du trône du Roi Salomon, on trouvait une citation des 6 interdits du début de la paracha. D’abord ceux sur la justice : ne pas pervertir le jugement, de ne pas faire de favoritisme, de ne pas prendre de présent corrupteur. Puis ceux de l’autel : pas d’achera près de l’autel, l’autel ne doit pas être une stèle (une seule pierre), pas de sacrifice avec un défaut.
Il y a donc un lien fort entre rendre la justice et le service au temple, puisque même sur le trône du roi Salomon, ces interdits étaient réunis.

Le Kli Yaqar explique le message. Il n’y a que D. qui juge seul. Les juges humains ne jugent jamais seuls (3, 23, ou 71 pour les tribunaux). Comme l’autel, ce n’est pas une stèle unique, c’est un rassemblement de pierreS.

De la même façon que l’autel est fait de pierre et de terre et pas d’un métal noble, le juge doit rester simple. C’est l’orgueil qui pervertira le juge. Un bon juge doit avoir les pieds sur terre. Sa mission ne doit pas être au service de son orgueil personnel. A l’orée de Eloul, c’est encore un message pour nous. Lorsque l’on agit, lorsque l’on parle, lorsque l’on “fait techouva” sommes-nous au service de notre orgueil personnel ? Savons-nous vraiment nous remettre en question et

REE 5786

“Rien ne s’attachera à ta main de la propriété bannie afin que D. revienne de Sa colère brûlante, te donne de la clémence et ait pitié de de toi et te multiplie”
Devarim 13,18

Cette semaine, nous lisons la Paracha Réé, comme dans la plupart des parachyot du dernier livre de la Torah, Moshé donne ses recommandations aux Bné Israel, avant que le peuple entre en Israel.
Le verset en entête conclut le passage de notre paracha sur la ville qui s’est détournée de D., “Ir hanida’hat”. C’est une ville, en terre promise, qui a plongé dans l’idolâtrie. La Torah nous donne l’ordre de détruire cette ville et de ne pas profiter du butin. 
Selon Rabbi Eliezer, dans Sanhédrine 71a, c’est une loi théorique. Les conditions d’application sont tellement restrictives que l'on ne peut pas infliger cette peine. La Torah nous donné cette loi uniquement dans un but pédagogique.


Une fois n’est pas coutume, je vais rapporter le Or Ha’hayim. Et comme je n’ai pas l’habitude de l’étudier (c’est probablement un tort, me dirait un proche) j’espère que je ne dirai pas de bêtises.

Le Or Ha’hayim s’intéresse à la fin du verset : 
“[Que D.] te donne de la clémence et ait pitié de de toi”

Il explique que D. nous a ordonné de détruire la ville qui s’est détournée, ainsi que ses habitants, son bétail, … cela va forcément créer une nature cruelle dans le coeur de l’homme.

Il continue en citant ce qu'ont raconté les Ychmaelim, la secte des assassins, dans le texte qui parle du roi : ils ont plaisir à tuer, ils ont perdu la clémence pour devenir cruels.
C’est pourquoi la Torah a besoin de promettre la clémence à celui qui doit appliquer la peine contre la ville qui s’est détournée. 

Même si c’est théorique ici, la Torah nous dit que tuer, même à juste titre, sur ordre divin, transforme le coeur de l’homme. Les actes transforment notre nature profonde vers le bien ou vers le mal.
 

Nous avons besoin du cadeau divin, un surplus de clémence qui nous permettra

EQEV 5786

“Afin que vos jours se prolongent, et les jours de vos enfants, sur la terre que D. a juré à vos pères de leur donner comme les jours du ciel sur la terre.”
(DEVARIM 11,21)

Cette semaine, nous lisons la Paracha Eqev, comme dans la plupart des parachyot du dernier livre de la Torah, Moshé donne ses recommandations aux Bné Israel. Moshé rappelle les révoltes des bné Israel contre D. 
Moshé réprimande les Bné Israel.

Moshé décrit aussi le pays fabuleux que devront mériter les Bné Israel, un pays avec des sources, un pays de blé, d’orge, … 

A la fin de la 6è montée, nous trouvons le second paragraphe du Chema, que l’on lit chaque jour et chaque nuit.

Le premier paragraphe du Chema (paracha de la semaine dernière) présente comment servir D. par amour. Le second paragraphe présente l’accomplissement des mitswot et leurs récompenses. C’est une autre façon de servir D.

Ce paragraphe termine par la promesse d’une longue vie.

Le Kli Yaqar nous rapporte la guemara Bera’hot 8a sur le verset en entête. On a demandé à Rabbi Yo’hanan : il y a des anciens (des personnes très agées) à Babel, c’est étonnant, il est écrit “afin que vos jours se prolongent … sur La terre”, on parle donc de la terre d’Israel, et pas des autres terres. Rabbi Yo’hanan répond : c’est parce qu’ils arrivent tôt et quittent très tard les synagogues.

On comprend donc que ces personnes ont vécu longtemps en Babylonie par le mérite de l’assiduité à la synagogue.
Mais le Kli Yaqar se demande, la Torah parle de la Terre d’Israel, d’où Rabbi Yo’hanan, sait que les synagogues de ‘Houts laarets ont le même mérite ?

Le Kli Yakar l’explique en rapportant la guemara Meguila 29a : dans le monde futur, les synagogues du monde entier seront transplantées en Israel. C’est pourquoi, ceux qui fréquentent ces synagogues, c’est comme s’ils avaient déjà un pied en Israel. Ils profitent donc de la bénédiction (verset en entête).

Et l’explication est cohérente, nous dit le Kli Yakar, avec le Rashi sur la fin du verset. “la Terre que D. a promis à vos pères, de LEUR donner…”, de là on apprend que la Torah fait une allusion à la résurrection des morts.

Vaet’hanan 5786

«Ecoute Israel, L’Eternel notre D., l’Eternel est un. (DEVARIM 6,4)

Cette semaine, nous lirons la Paracha Vaet'hanan, suivie de la Haftara Na'hamou. En référence à la haftara, le Chabbat de cette semaine est d'ailleurs souvent appelé "Chabbat Na'hamou" (consolation), car il suit le 9 AV (destruction des deux temples).

Cette paracha commence avec la prière de Moshé, ou plus exactement ses supplications, ses implorations, pour avoir le droit d’entrer en Terre d’Israel.

Dans cette paracha, la Torah présente un rappel des 10 paroles : la Révélation sur le mont Sinaï.


A la fin de la paracha (6è montée), on trouve le premier paragraphe du Chema. Le passage symbole du judaïsme que l'on récite soir et matin.
C’est la profession de foi du judaïsme. La phrase que l’on  fait répéter aux enfants, dès le plus jeune âge, avant de s’endormir. Nous proclamons, l’unité de D., nous acceptons le joug divin.

Rashi sur le verset en entête explique : 
D. est notre D. et pas celui des nations, mais dans le futur D. sera UN, comme il est dit “Dans ce jour D. sera UN et son nom sera UN” (Ze’haria 14,9).

Le Kli Yakar nous éclaire sur ce Rachi en rapportant la guemara Pessa’him 50a. Rabbi A’ha bar ‘Hanina demande, il est écrit “Dans ce jour D. sera UN et son nom sera UN”, et aujourd’hui il n’est pas UN ? 
On veut nous apprendre ici que le monde présent et le monde futur sont différents. 
Dans ce monde ci, sur les bonnes nouvelles on fait la bénédiction “Béni soit celui qui est bon et qui fait du bien” [Hatov VéHamétiv], sur les mauvaises nouvelles on dit “Béni soit le juge de la vérité”.
Dans le monde futur on ne dira plus que Hatov véHamétiv.

Le Kli Yakar explique que dans ce monde-ci, on perçoit des actions qui semblent contradictoires. Et cela peut même pousser des gens à se tromper et à croire qu’il existe 2 forces antagonistes qui régissent le monde. 
Mais dans les futurs, il n’y aura plus de mauvaises nouvelles, alors on ne pourra plus se tromper, il ne restera plus que Hatov Vehamétiv.

Le peuple juif qui déclame l’Unité de D., doit comprendre dès maintenant que “Hachem Elokenou”, les attributs de clémence et de justice, sont UN, dès maintenant. En vrai, même si certains ne le comprendront que plus tard, “Hachem est UN”, tout est clémence. 

Le peuple juif, et c’est paradoxal, vu ses souffrances tout au long de l’histoire de l’humanité, certifie dès maintenant, qu’il n’est pas nécessaire d’attendre les temps messianiques pour comprendre que D. est UN.

Que D. protège l’humanité ! Et que bientôt

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